Russie : Spoutnik, un nouveau média pour lutter contre la propagande occidentale

International
GUERRE FROIDE - La Russie a annoncé lundi le lancement d'un nouveau service international multimédia pour lutter contre "la propagande agressive" de l'Occident. Une entreprise baptisée Spoutnik, pilotée par Dmitri Kissilev, un journaliste à la botte du Kremlin.

En octobre 1957, la Russie rentrait dans l’histoire en plaçant pour la première fois un satellite autour de la terre. Une époque glorieuse que semble se remémorer Moscou en lançant ces jours-ci Spoutnik, non pas un engin spatial mais un nouveau groupe médiatique. En clair : la voix à l’étranger de la Russie pour lutter contre "la propagande agressive" de l’Occident.

La structure, lancée en grande pompe lundi, a été créée à partir de l'agence de presse publique Ria-Novosti et la radio Voix de Russie, qui ont été réunies en décembre dernier au sein d'une grande agence Rossia Segodnia (Russie d'Aujourd'hui). Les informations seront publiées sur le site Sputniknews.com et diffusées sur les ondes radio dans une trentaine de pays, parmi lesquels la France, la Chine et les Etats-Unis. Avec un objectif simple, "montrer un monde multipolaire", selon son président Dmitri Kissilev.

"Le monde ne peut pas être bipolaire"

"Nous sommes contre la propagande agressive qui nourrit le monde et impose un point de vue unipolaire", a précisé au cours d’une conférence de presse le patron du groupe, convaincu que "le monde ne peut pas être unipolaire" car "cela aboutit à des victimes et à l'effusion de sang". Un commentaire cinglant mais qui ne surprend guère dans la bouche de ce journaliste sulfureux, nommé en décembre dernier à la tête de l'agence de presse Rossia Segodnia par un décret de Vladimir Poutine.

Dmitri Kisselev est en effet un présentateur controversé, réputé pour son franc-parler. Une opinion exprimée via son journal d'information analytique hebdomadaire "Vesti nedeli" sur la chaîne publique Rossia, qui diffuse régulièrement des reportages critiques sur l'opposition, anti-américains ou anti-gays. Dmitri Kisselev est notamment connu pour avoir estimé nécessaire d'interdire aux homosexuels d'être donneurs de sang et de "brûler leurs coeurs, en cas d'accident, comme inaptes à faire durer la vie de quelqu'un d'autre". En mars, il a été interdit d'entrée en Union européenne pour la "propagande soutenant le déploiement des forces russes en Ukraine", après le rattachement à la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée à majorité russophone.
 

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