Russie : un militant homosexuel dévoile les violences policières en Tchétchénie

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LIBERTÉ - Enlevé puis enfermé pendant douze jours dans une cellule en Tchétchénie, Maxime Lapounov, 30 ans, a déclaré publiquement lundi avoir été battu et humilié. C'est la première fois qu'un homosexuel prend la parole de cette manière dans le pays.

C'est une parole unique. Maxime Lapounov, un militant homosexuel russe a témoigné ce lundi sur les violences policières en Tchétchénie. Le tout à visage découvert, une première dans cette république du Caucase très conservatrice.


Tabassage, humiliations et menaces de mort pendant 12 jours étaient le pain quotidien de celui qui a déposé plainte depuis les révélations en mars dernier de la presse locale sur les persécutions subies par les homosexuels de cette région majoritairement musulmane. 

Il fallait tuer les gens comme moiMaxime Lapounov

"L'accusation principale contre moi était d'être homosexuel", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse organisée dans les locaux du journal indépendant Novaïa Gazeta (le premier à affirmer que des homosexuels étaient la cible de persécutions de la part des autorités tchétchènes). "Ils se comportaient de manière très agressive, cruelle, en m'humiliant et m'insultant", déplore-t-il. "Toutes les 10 ou 15 minutes, ils [NDLR, les policiers] venaient dans ma cellule en me disant que j'étais gay et qu'il fallait tuer des gens comme moi", affirme M. Lapounov, qui dit avoir ensuite été "battu très longtemps avec des bâtons (...) sur les jambes, les cuisses, les fesses et le dos" rapportent nos confrères de l'AFP.

La seule chose que je souhaite maintenant, c'est que justice soit faiteMaxime Lapounov

"La seule chose que je souhaite maintenant, c'est que justice soit faite" a annoncé l'homme âgé de 30 ans originaire d'Omsk, en Sibérie. Il affirme aussi avoir été arrêté le 16 mars 2017 par des personnes en civil et emmené vers un poste de police où il a passé 12 jours dans une cellule. Une enquête a alors été ouverte par le parquet général, mais les enquêteurs expliquent n'avoir reçu "aucune plainte officielle" de victimes.


Comme un motif d'espoir, la déléguée russe pour les droits de l'Homme, Tatiana Moskalkova, a déclaré avoir bien réceptionnée la plainte de Maxime Lapounov et l'avoir remise au Comité d'enquête russe, chargé des principales investigations dans le pays.

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