Russie : Poutine nie être le propriétaire d'un palais sur le bord de la mer Noire

Russie : Poutine nie être le propriétaire d'un palais sur le bord de la mer Noire

SCANDALE - Vladimir Poutine s'est défendu lundi d'être le propriétaire d'un immense palais sur les rives de la mer Noire. Une réponse rare, adressée ouvertement à son rival incarcéré, Alexeï Navalny.

Vladimir Poutine sort de son silence. Après un weekend marqué par des manifestations sans précédent et face au succès d'un documentaire à charge, le président russe n'a eu d'autre choix que de s'exprimer concernant le duel qui l'oppose à Alexeï Navalny. Le patron du Kremlin l'assure : contrairement à ce que son rival assure, il n'est pas le propriétaire d'un somptueux palais sur les rives de la mer Noire.

"Je n'ai pas vu ce film, faute de temps. Rien de ce qui est montré dedans comme étant mes biens ne m'appartient à moi ou à mes proches", a affirmé le chef de l'État lors d'une rencontre télévisée avec des étudiants russes au sujet de ce film. Dimanche, son porte-parole, Dmitri Peskov était déjà intervenu à la télévision pour dénoncer un "mensonge élaboré" et appeler ceux ayant regardé la vidéo "à brancher leur cerveau".

"Mensonge"

Aussi "élaboré" soit-il, ce "mensonge" rencontre un franc succès sur internet. La vidéo a en effet été vue plus de 86 millions de fois sur Youtube. Une vidéo dans laquelle Navalny assure, documents à l'appui, que Vladimir Poutine profitait d'une somptueuse propriété financée par la corruption, sur les bords de la mer Noire. 

Dénonçant des affirmations visant à "laver le cerveau" des Russes, Vladimir Poutine a évoqué l'absence de toutes preuves. Cette réaction n'en demeure pas moins notable : en général, il se refuse de prononcer le nom de son principal détracteur. C'était sans compter le succès de ce documentaire, donc, mais aussi la démonstration de force du week-end, laquelle a poussé le dirigeant à s'exprimer publiquement.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue. Fait marquant, les manifestations étaient partout en Russie, et non pas cantonnées à Moscou. Plus de 3700 protestataires ont été interpellés, parfois brutalement, et un premier a été condamné lundi à 10 jours de prison, selon l'agence TASS. 

Lire aussi

Sans surprise, Vladimir Poutine a critiqué ces actions non-autorisées, estimant que chacun devait s'exprimer "dans le cadre de la loi". Il a aussi, comme d'autres officiels, accusé les organisateurs de la contestation d'avoir mobilisé des "mineurs", les messages pro-Navalny ayant été largement relayées sur les réseaux sociaux et portées par la jeunesse, notamment des adolescents. "C'est ce que font les terroristes quand ils mettent des enfants et des femmes devant eux", a-t-il dit.

De nouveaux appels à manifester

Alexeï Navalny a malgré tout réussi son coup : contraindre Vladimir Poutine à s'opposer frontalement à lui. Et ce, même si l'opposant est actuellement en détention. Il risque en effet dès le 2 février plusieurs années de prison, accusé d'avoir violé un contrôle judiciaire en se faisant soigner à l'étranger après son probable empoisonnement. Il est visé aussi par une enquête pour escroquerie, passible de 10 ans de détention, et un procès pour diffamation l'attend le 5 février. 

D'ici là, la rue devrait à nouveau peser dans leur duel : le mouvement de Navalny appelle à manifester le 31 janvier à midi "dans toutes les villes de Russie".

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

L'exécutif change de ton : ce que va annoncer Jean Castex à 18h

EN DIRECT - Covid-19 : la mairie de Paris va proposer un confinement pour trois semaines

CARTE - Covid-19 : où en est l'épidémie dans votre département ?

CARTE - Covid-19 : la liste des 20 départements sous "surveillance renforcée", mesures possibles le 6 mars

Covid-19 : quels sont les départements où la situation est "très préoccupante" ?

Lire et commenter