Poutine veut "renforcer" la force de frappe nucléaire russe

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COURSE A L'ARMEMENT - Auprès de ses armées jeudi, le président russe a ordonné le renforcement du nucléaire stratégique russe afin de garantir le franchissement des boucliers antimissiles "existants ou à venir".

En ligne de mire : le bouclier antimissile que Washington entend déployer en Europe orientale. Vladimir Poutine, lors d'une réunion avec les responsables de ses armées ce jeudi, leur a indiqué qu'il fallait "renforcer le potentiel militaire des forces nucléaires stratégiques, avant tout à l'aide de systèmes de missiles capables de garantir le franchissement des systèmes de défense antimissile existants ou à venir". 


"Il faut faire attention au moindre changement dans l'équilibre des forces et de situation politico-militaire dans le monde et surtout aux  frontières russes. Et corriger à temps nos plans pour éliminer les menaces potentielles contre notre pays", a ajouté Poutine. Il a évalué complète "à 60%" la modernisation de ses forces  nucléaires, composées de bombardiers stratégiques, de missiles  balistiques intercontinentaux et de sous-marins nucléaires.

Une réponse au bouclier de l'Otan en Europe de l'Est

Le chef de l'Etat russe avait déjà annoncé, en juin 2015, le déploiement de plus de 40 nouveaux missiles balistiques  intercontinentaux à même de "percer les systèmes de défense antiaérienne les plus sophistiqués". Il s'agissait d'une réponse au projet américain d'installation d'armes lourdes en Europe de l'est via l'Otan. Le début du déploiement de ce bouclier antimissile en Roumanie l'été dernier, et la construction d’un autre en Pologne prévue d'ici 2018, ont depuis remis sur le tapis la question de la course à l’armement. Moscou voit dans ces armes défensives une "menace" et se réserve le droit de prendre des mesures de rétorsion. Washington assure pour  sa part que ce bouclier est destiné à protéger l'Europe d'une éventuelle attaque iranienne.


La dernière doctrine militaire russe, qui date de décembre 2014, n'évoque toutefois en aucun cas la possibilité d'une "attaque préventive" avec utilisation d'ogives nucléaires. Moscou ne se réserve le droit d'utiliser son arsenal qu'en cas d'agression contre elle ou ses alliés ou en cas de "menace sur l'existence même de l'État". 

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