Rwanda : le président Kagame en remet une couche contre la France

Rwanda : le président Kagame en remet une couche contre la France

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AFRIQUE - Lors des commémorations du génocide de 1994 lundi à Kigali, Paul Kagame a répété ses accusations sur le rôle de la France. De son côté, l'Elysée a simplement dit s'associer "au peuple rwandais pour honorer la mémoire de toutes les victimes".

"Les faits sont têtus", et le président rwandais tout autant. Lors des commémorations du génocide de 1994, lundi dans la capitale du Rwanda, Paul Kagame s'en est pris de façon à peine voilée à la France sur son rôle toujours controversé durant les massacres. Remettant de l'huile sur le feu, alors que les relations entre les deux pays se sont tendues dimanche suite à l'interview accordée à l'hebdomadaire Jeune Afrique , dans laquelle le président rwandais accusait Paris d'avoir été un "acteur" du génocide .

"Les gens ne peuvent être soudoyés ou forcés de changer leur histoire. Aucun pays n'est assez puissant - même s'il pense l'être - pour changer les faits", a déclaré en anglais le président rwandais, avant de lancer en français : "Après tout, les faits sont têtus". Une nouvelle charge qui a déclenché les acclamations des 30.000 spectateurs rassemblés au Stade Amaharo de Kigali.

L'ambassadeur de France persona non grata

Dimanche, Paris avait réagi à ses premiers propos polémiques en annulant sa participation aux cérémonies . Avant, dans la soirée, d'indiquer finalement que la France serait représentée aux cérémonies par son ambassadeur à Kigali, Michel Flesch. Mais lundi, nouveau coup de théâtre : celui-ci a annoncé que les autorités rwandaises lui avaient retiré l'accréditation. Elles lui ont aussi indiqué qu'il ne pourrait se rendre au mémorial de Gisozi pour y déposer une gerbe.

Ce vingtième anniversaire s'inscrit dans un contexte diplomatique sensible pour Kigali. Récemment, les autorités rwandaises ont notamment été accusées par l'ONU et Washington de déstabiliser l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Le Président, également accusé d'autoritarisme, s'est donc saisi de l'occasion pour faire assaut de fermeté et rappeler l'indépendance de son pays : "Ceux qui pensent que le Rwanda ou l'Afrique ont encore besoin de leur approbation pour être gouvernés comme il se doit par leur peuples, par les dirigeants que leur peuples ont choisis, vivent toujours dans un passé révolu".

De son côté, Paris a choisi lundi de ne pas surenchérir. La France "s'associe au peuple rwandais pour honorer la mémoire de toutes les victimes du génocide", a simplement déclaré l'Elysée. "Le génocide rwandais a été une des pires atrocités de notre temps", ajoute la présidence française, "il a été commis alors que le monde savait et n'a pas pu l'empêcher" et "a marqué notre humanité et nos consciences". Et d'insister : "La prévention des génocides est devenue un élément central de l'action extérieure de la France", inspirant notamment "nos interventions en Afrique". Un argument qui avait effectivement été brandi en décembre dernier, au début de l'intervention en Centrafrique.

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