Salon de l'Agriculture : l'huile de palme "durable" sera de la partie

Salon de l'Agriculture : l'huile de palme "durable" sera de la partie

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Le salon de l'Agriculture se tiendra du 22 février au 2 mars au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, à Paris. L'occasion pour l'Alliance française de l'huile de palme durable, créée il y a quelques mois, de redorer le blason d'un ingrédient décrié depuis des années par les écologistes. Explications.

Une Alliance d'industriels engagés pour l'huile de palme durable
"On en avait un peu marre d'entendre tout et n'importe quoi sur l'huile de palme", s'agace Marc Toussaint. C'est en ces termes que le porte-parole de l'Alliance française de l'huile de palme durable justifie auprès de metronews la création de l'organisation au mois de septembre dernier. Regroupant six industriels français dont Unilever, Nestlé et Ferrero, l'Alliance sera pour la première fois présente sur le salon de l'Agriculture du 22 février au 2 mars. Objectif : tenter de redorer le blason d'un ingrédient voué aux gémonies des environnementalistes pour son impact écologique désastreux. En Indonésie, premier producteur mondial d'huile de palme, 90 % des forêts auraient été déboisés pour le commerce du bois puis la conversion en palmeraies, selon le site Planetoscope.

"Un forum d'échanges et de discussions" avec les ONG
Un simple lobby d'industriels peu scrupuleux ? On pourrait le croire, sauf que leur démarche se veut, a priori, la plus transparente possible. "On a des contacts avec toutes les ONG car on veut être un forum de discussions pour échanger sur ces problématiques", affirme Marc Toussaint, par ailleurs président de CSM France qui commercialise des produits destinés à la pâtisserie et à la boulangerie. L'industriel cite notamment les noms de Greenpeace (qui reste néanmoins prudente sur ces engagements) et de The Forest Trust, deux ONG qui suivent de près les engagements de l'organisation. "On n'a aucun intérêt à utiliser des produits qui ne respectent pas l'environnement", poursuit Marc Toussaint. Et pour cause : "le consommateur ira de moins en moins vers des produits" nocifs pour la planète, juge-t-il.

Certification RSPO : des progrès, mais peut mieux faire
Créée en 2003, la RSPO (Table ronde pour une huile de palme durable) est une certification qui délivre depuis 2011 un label certifiant que les cultures ne se font pas au détriment de la forêt et des animaux, ainsi que des populations locales. Sauf que le label a plusieurs fois été pointé du doigt pour son manque de rigueur : "On est conscient de ses limites, mais c'est pour l'instant le seul qui existe", admet Marc Toussaint. Ce dernier veut tout de même croire à une commercialisation d'huile de palme 100 % durable "dès 2015", et se félicite par ailleurs du fait que 40 % de l'huile de palme utilisé par l'Alliance qu'il représente était certifié RSPO en 2012. Reste à exiger un maximum de transparence et un contrôle plus strict de cette certification. "C'est notre objectif", assure-t-il.

Et la santé dans tout ça ?
C'est la grande question qui agite les autorités sanitaires. A tel point que, fin 2012, une taxe sur les produits contenant de l'huile de palme, appelée "taxe Nutella" , avait été proposée, puis rejetée par les parlementaires, pour financer l'Assurance maladie. Mais, à écouter les nombreux nutritionnistes qui s'expriment sur la question, l'huile de palme ne serait pas si nocive qu'on peut le croire : "Il n’existe pas de matière grasse parfaite, expique le Docteur Jean-Michel Lecerf, chef du Service de Nutrition à l’Institut Pasteur de Lille. Comme toutes les huiles, l’huile de palme est constitué́e de matière grasses. Ce n’est qu’en cas d’excès qu’elles peuvent commencer à présenter des risques pour la santé". "L’huile de palme n’est pas nocive en elle-même", affirme même le spécialiste. C'est donc avant tout nos comportements alimentaires qu'il serait nécessaire de remettre en question.

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