Salvador : accusée d'avoir tué son bébé mort-né, la jeune Evelyn Hernandez a été acquittée

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JUSTICE - Le devenir de cette jeune Salvadorienne était en suspens depuis vendredi 17 août mais cette fois, elle peut souffler. La jeune femme, qui encourait 40 ans de prison pour l'homicide de son bébé, alors que celui-ci était mort-né, a été acquittée par la justice de son pays, réputé parmi les plus stricts sur l'IVG.

Elle est libre. Evelyne Hernandez, 21 ans, est devenue le symbole de la défense des droits des femmes au Salvador. Elle encourait entre 30 et 50 ans de prison pour l'homicide de son bébé, selon les réquisitions du ministère public, lors du second procès qui se déroulait, la semaine dernière. 

La jeune femme a été acquittée, lundi 19 août, a annoncé l'une de ses avocates, sur son compte Twitter. "Acquittée" !!!, Oui, on a réussi", a écrit sur Twitter Bertha Maria Deleon, l'avocate d'Evelyn Hernandez. La jeune femme, qui avait toujours clamé son innocence et expliqué sans relâche le bébé était mort-né, devait faire face à la justice d'un pays où la législation anti-IVG est l'une des plus strictes du monde. 

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Evelyn Hernandez avait déjà été condamnée en juillet 2017 à 30 ans de prison mais la décision a été annulée en février dernier par la Cour suprême, après que la jeune femme avait passé 33 mois derrière les barreaux. Pour ce deuxième procès, le ministère public salvadorien avait changé de chef d'inculpation : Evelyn Hernandez n'était plus accusée d'homicide aggravé avec préméditation mais d'homicide aggravé par négligence. 

L'affaire remonte au 6 avril 2016, lorsque la jeune femme donne naissance à un bébé dans des toilettes. Transférée à l'hôpital de la ville de Cojutepeque, dans le centre du pays, elle avait été arrêtée et accusée d'homicide. Dans un premier temps, il avait été dit qu'Evelyn Hernandez était tombée enceinte après un viol, mais son avocate a expliqué, sans donner plus de détails, préférer ne plus évoquer ces circonstances à la demande de la jeune femme, qui habite dans un quartier contrôlé par les gangs et pourrait faire l'objet de représailles. 

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Actuellement, 16 femmes sont en prison au Salvador pour des avortements. Au cours des derniers mois, cinq femmes condamnées pour des cas similaires ont été remises en liberté. Au Salvador, la législation anti-IVG est extrêmement stricte. Le code pénal prévoit une peine de deux à huit ans de prison pour les cas d'avortement, mais, dans les faits, les juges considèrent toute perte du bébé comme un "homicide aggravé", puni de 30 à 50 ans de réclusion.

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