Sangaris : tout ce que la mission française doit encore accomplir

Sangaris : tout ce que la mission française doit encore accomplir

International
DirectLCI
CENTRAFRIQUE - Le Parlement se prononce mardi sur la prolongation de l'opération Sangaris en Centrafrique, où les militaires français sont confrontés à une situation beaucoup plus complexe que prévu lors du lancement de l'intervention, début décembre. Il reste en effet beaucoup à faire. Metronews dresse un bilan.

Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian avait défini ainsi les trois objectifs de l'intervention : "instaurer un minimum de sécurité et permettre l'acheminement de l'aide humanitaire, permettre à la mission africaine d'intervenir et mettre en place un processus démocratique". A ce stade, ces missions ne sont que partiellement remplies.

  • Désarmement et sécurité

Ce qui a été fait
Selon le commandant de Sangaris, le général Francesco Soriano, "les exactions et les combats ont radicalement diminué. Nous sommes passés sur notre zone d’actions d’une soixantaine d’événements (tentatives de lynchages ou de meurtres, agressions) par jour à deux ou trois fois moins", affirme-t-il au  JDD . Quant au désarmement, les forces françaises auraient saisi, selon les sources officielle, "près de 1.000 armes à feu, dont des armes lourdes et plus de 4.000 armes blanches" depuis le début de l'opération.

Ce qu'il reste à faire
De réelles difficultés persistent sur le terrain. Si le niveau de violence a en effet baissé à Bangui, le cycle des représailles entre chrétiens et musulmans a provoqué la fuite de dizaines de milliers de musulmans vers le nord et l'explosion de la criminalité provoquée par les groupes armés. En outre, quelque 15.000 à 20.000 ex-combattants du Séléka (rebelles musulmans) "continuent de commettre de graves violations des droits de l'homme en toute impunité", selon l'ONU.

  • Sécuriser l'acheminement de l'aide humanitaire

Ce qui a été fait
L'armée française a lancé mi-janvier une opération sur l'axe reliant Bangui à la frontière camerounaise, par lequel transite l’essentiel de l’approvisionnement de Bangui. Plus d'une centaine d'hommes sont directement impliqués sur le terrain. "C'est notre préoccupation immédiate", a jugé le ministre de la Défense.

Ce qu'il reste à faire
La zone n'est pas encore sécurisée. Or, cet axe routier est vital pour la reprise de l’économie centrafricaine. Les violences se poursuivent et les militaires français doivent toujours effectuer des missions de reconnaissance.

  • Mettre en place un processus démocratique

Ce qui a été fait 
La transition politique est désormais amorcée. Une présidente par intérim, Catherine Samba Panza , a été élue il y a un mois.

Ce qu'il reste à faire
Il ne sera achevé qu'avec la tenue, dans le calme, d'élections générales. Celles-ci sont prévues pour février 2015, d'après Paris.

  • Passer le relais à une force internationale

Ce qui a été fait
La force française, qui compte aujourd’hui environ 2.000 hommes, coopère avec la force africaine (Misca) et ses 4.000 hommes pour sécuriser Bangui et désarmer les milices.

Ce qu'il reste à faire
La Misca doit encore se renforcer avant de pouvoir assurer la mission seule et éventuellement, avant de se transformer en mission de maintien de la paix sous l'égide de l'ONU. Car on estime qu'à l'heure actuelle, seuls 2.500 hommes sont vraiment opérationnels au sein de la Misca. Ils seraient par ailleurs mal équipés et mal entraînés. L'objectif des 6.000 hommes est encore loin d'être atteint.

Pressé d'en finir, Paris espère que l'ONU prendra vite le relais pour soutenir la Misca. Son secrétaire général Ban Ki-moon doit remettre fin février un rapport sur le déploiement de casques bleus en Centrafrique. Il a déjà évoqué l'idée d'envoyer 6.000 hommes. Mais les observateurs n’envisagent pas le début de cette opération avant l'été.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter