Sécurité, relations transfrontalières, économie... Ce que prévoit vraiment le traité d'Aix-la-Chapelle signé ce mardi

International

EUROPE - Angela Merkel et Emmanuel Macron signent mardi un nouveau traité pour renforcer la relation franco-allemande. Or depuis plusieurs jours, le texte est critiqué à droite comme à gauche, nourrissant des craintes... pour la plupart infondées. Explications.

Des "décisions prises en secret" pour Nicolas-Dupont-Aignan ce mardi sur LCI, "un petit coup en douce" selon Marine Le Pen ou un "recul social et écologique" pour Jean-Luc Mélenchon… Depuis plusieurs jours, le traité d'Aix-la-Chapelle est vilipendé par plusieurs cadors politiques. Le document, signé dans la journée par Emmanuel Macron et Angela Merkel, est en effet considéré par certains comme une perte de souveraineté nationale. Mais que dit réellement le traité censé élever la relation bilatérale entre Paris et Berlin  à un "niveau supérieur" ?

Très concrètement, le document - consultable en ligne - "complète" celui signé à l'Élysée le 22 janvier 1963 par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle dans des domaines comme la défense, la diplomatie, l'économie ou la coopération transfrontalière. 

Sécurité et diplomatie

Noir sur blanc, les deux pays promettent d'"approfondir leur coopération en matière de politique étrangère, de défense extérieure et intérieure". Pour cela, ils "se prêtent aide et assistance par tous les moyens dont ils disposent, y compris la force armée, en cas d'agression contre leur territoire". Même si cette solidarité est déjà prévue dans le cadre de l'Otan, le but est aussi de "renforcer encore la coopération entre leurs forces armées" et "d'opérer des déploiements conjoints". En outre, Paris et Berlin "instituent le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité comme organe politique de pilotage de ces engagements réciproques".

De facto, le Traité ne prévoit en aucun cas que la France "partage" avec son voisin son siège de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, contrairement à ce qu'affirment Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan. En effet, le texte se contente d'assurer, dans son article 8, que l'admission de l'Allemagne "en tant que membre permanent" est "une priorité de la diplomatie franco-allemande". 

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Les deux pays s'engagent aussi à "coordonner" leurs positions au sein de l'ONU et de faciliter des "positions unifiées" de l'Union européenne au sein de l'instance mondiale. Preuve que les critiques émises par l'opposition agace l'Elysée, un communiqué a été publié ce mardi matin sur le site de l'exécutif pour dénoncer "les fausses informations scandaleuses" qui circulent.

Relations transfrontalières

Sur ce point aussi ont circulé des accusations de cession de souveraineté, relayées notamment Bernard Monot, de Debout La France. Selon ce député européen, le Traité reviendrait à "livrer l'Alsace et la Lorraine" à l'Allemagne. La "langue administrative" y deviendrait notamment l'allemand. 

En réalité, le traité ne prévoit aucune mesure contraignante, seulement de "resserrer les liens entre les citoyens et les entreprises de part et d'autre de la frontière", via en particulier des "procédures accélérées" pour faire avancer des projets. Un "comité de coopération transfrontalière" réunissant États, collectivités et parlements est mis en place. L'objectif du "bilinguisme" dans les territoires transfrontaliers est réaffirmé, sans que les "langues administratives" y soient modifiées.

Économie et climat

Sur cette thématique, les deux États instituent un "Conseil franco-allemand d'experts économiques" composé de dix membres indépendants chargé de faire des "recommandations sur l'action économique" des deux pays. Paris et Berlin promettent des "projets conjoints" dans les énergies renouvelables et "l'efficacité énergétique".

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