Les Etats-Unis mettent fin au statut spécial accordé à des milliers de ressortissants haïtiens après le séisme en 2010

Les Etats-Unis mettent fin au statut spécial accordé à des milliers de ressortissants haïtiens après le séisme en 2010

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IMMIGRATION - Les autorités américaines ont annoncé lundi que, d'ici 18 mois, les Haïtiens bénéficiant d'un statut spécial suite au séisme de 2010 devront quitter les Etats-Unis. Environ 58.000 ressortissants d'Haïti, pays le plus pauvre de la Caraïbe, en bénéficient.

Le 12 janvier 2010, un tremblement de terre tuait des dizaines de milliers de personnes à Haïti. Un drame qui a également entraîné le déplacement de milliers de réfugiés, essentiellement sur le sol américain, où ils ont bénéficié d'un statut spécial. Un statut qui prend désormais fin, ont annoncé les autorités américaines, estimant que la situation dans le pays le plus pauvre de la Caraïbe ne justifiait plus cette protection.


"Depuis le tremblement de terre de 2010, le nombre de personnes déplacées en Haïti a diminué de 97%. Des mesures importantes ont été prises pour améliorer la stabilité et la qualité de vie des citoyens haïtiens", a expliqué la ministre par intérim de la Sécurité intérieure (DHS) Elaine Duke. Cette dernière précise que le Statut de protection temporaire (TPS) ne sera plus valable à compter du 22 juillet 2019. Ce statut permettait aux Haïtiens de rester sur le sol américain après l'expiration de leurs visas et de travailler légalement.

Le Canada confronté à des vagues d'arrivées

Le délai de dix-huit mois "permettra aux personnes bénéficiant du TPS d'organiser leur départ ou de réclamer, si elles y sont éligibles, un statut migratoire légal. Cela donne aussi à Haïti le temps de préparer le retour et la réintégration de ses citoyens", a estimé le ministère dans un communiqué. Un retour qui était pressentie : en mai 2017, le DHS avait déjà fait savoir que compte tenu des "progrès considérables" réalisés en Haïti, le statut spécial ne serait "probablement pas étendu au-delà de six mois", a rappelé le ministère. Et, début novembre, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson avait informé Elaine Duke que les conditions économiques et sécuritaires en Haïti ne nécessitaient plus que ses ressortissants restent sur le sol des Etats-Unis.


Pour anticiper la fin de leur TPS, des milliers de migrants ont pris les devants. Nombreux sont ceux qui ont franchi la frontière cet été avec le Canada pour y demander l'asile. Au plus fort de la vague d'arrivées en juillet et en août, des centaines de requérants du statut de réfugié au Canada traversaient ainsi quotidiennement la frontière à travers des zones boisées pour éviter les points de contrôle officiels. Face à cet afflux soudain, le gouvernement fédéral canadien avait renforcé ses effectifs aux frontières et construit des abris temporaires pour soulager les centres d'hébergement. Début août, la ville de Montréal avait même ouvert les portes de son stade olympique pour accueillir les centaines de nouveaux venus.

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Si les Haïtiens sont aujourd’hui sur le devant de la scène, ils ne sont pas les seuls à être impactés par une révision du TPS par les Etats-Unis. Les ressortissants de plusieurs autres pays (Honduras, Nicaragua, Salvador) bénéficient du TPS aux Etats-Unis depuis le passage de l'ouragan Mitch en 1998. Mais l'administration américaine a annoncé le 6 novembre la fin du dispositif en janvier 2019 pour les 5.300 Nicaraguayens tandis qu'il était prolongé jusqu'en juillet 2018 pour les 57.000 Honduriens. La décision a été repoussée à janvier pour les quelque 200.000 Salvadoriens. Au total, Rex Tillerson a estimé que plus de 300.000 migrants d'Haïti et d'Amérique centrale ne devraient plus bénéficier de ce statut spécial, ouvrant ainsi la porte à leur expulsion.

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