Séisme en Indonésie : "On s'est sentis abandonnés", le récit de Delphine, une Française sur place

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SÉISME - Au lendemain du séisme en Indonésie qui a fait au moins 98 morts selon un bilan provisoire, les zones les plus touchées ont été évacuées. Parmi les personnes évacuées, des Français. L'une d'entre eux a raconté à LCI la "nuit d'horreur", puis la galère de l'évacuation de Gili Air, sans aucune aide de la part de la France. De son côté, le quai d'Orsay affirme que des moyens sont mobilisés sur place.

"C'était la nuit, on est sortis de nos chambres d'hôtel, les gens criaient, pleuraient, s’accrochaient aux arbres", raconte, émue, Delphine, depuis le ferry qui la ramène à Bali. La française de 20 ans et son ami Tony étaient sur la petite île de Gili Air quand le séisme de magnitude 6,9 a frappé le sud-est de l'Indonésie. Pendant les secousses, "personne n'arrivait à tenir debout". 

"Dès que l'alerte tsunami a été déclenchée, on s'est réfugié avec des touristes et des locaux sur une toute petite colline", continue la jeune femme. Là, ils ont passé la nuit tant bien que mal, partageant des coussins apportés par certains habitants. "Il y a avait des secousses toutes les heures, plus ou moins fortes, on était terrifiés". Lundi matin, Gili Air a été évacuée, comme les deux autres petites îles au nord de Lombok, où se trouvait l'épicentre du séisme. 

A Lombok, personne ne nous attendait, on s'est senti abandonnés- Delphine, touriste française rescapée du séisme

"Au port de Gili, on est tombés sur une queue monstre, les gens attendaient depuis 6 heures du matin, impossible de prendre un bateau", relate Delphine. "Certains ont payé jusqu'à 600 000 roupies (35 euros) pour embarquer". Avec son ami, elle se résigne à attendre que l'île se vide. C'est finalement vers midi que les membres d'un club de plongée les amènent gratuitement au nord de Lombok, où l'étudiante constate l'étendue des dégâts : "tout est effondré, des mosquées entières sont détruites, des bouts de toit ont écrasé des voitures... les sinistrés sont installés au milieu des champs sous des bâches pour se protéger du soleil, dans l'angoisse d'une réplique sismique". 

"On avait entendu qu’à Lombok des bateaux militaires français nous attendraient pour nous amener à Bali", explique-t-elle. "Mais arrivée sur place, rien : seulement des centaines de touristes allongés sur la plage entre les débris qui attendaient". " Personne ne nous attendait, on s'est sentis abandonnés". Désorientés et paniqués, elle contacte l'ambassade. "On était au nord de Lombok, où le séisme a été le plus fort, et il y avait encore des secousses". 

Ce sont les locaux qui nous ont aidés, malgré leur désespoir"- Delphine, touriste française rescapée du séisme

Sur les conseils de l'ambassade française, elle se rend avec son ami à l'aéroport au sud de l'île. "Une fois là-bas, il y avait la queue jusqu'au dehors, et aucune pris en charge", déplore-t-elle. "Pour prendre un avion, il fallait attendre deux jours, et payer très cher". Finalement, c'est par ferry que le couple parvient enfin à quitter Lombok ce lundi soir. "On a appris par le bouche à oreille qu'un bateau partait toutes les heures". 

C'est donc dans un ferry surchargé que Delphine et Tony font enfin route jusqu'à Bali. "On a loué une chambre d'hôtel et on a aucune idée de ce qu'on va faire ensuite". Après un tel périple, la jeune femme est choquée, mais soulagée. Elle se dit "très reconnaissante" envers les indonésiens. "Ce sont les locaux qui nous ont aidés malgré leur désespoir". 

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Quant aux familles de Français sur place au moment du séisme, même constat. "En fait tout est payant, il n'y a aucune évacuation", regrette Myriam, la mère du compagnon de Delphine. Contactée par LCI, cette travailleuse sociale raconte qu'elle est restée dans l'attente toute la nuit, avec des nouvelles au compte-goutte. "Je n'ai pas eu de nouvelles de mon fils pendant 14 heures, c'était la pire nuit de ma vie", témoigne-t-elle. 

Si elle a pu joindre très facilement l’ambassade et communiquer avec des agents "compréhensifs, patients et gentils", elle déplore les conditions d'évacuation de l'île. "Même à l'aéroport, on les a laissés sans eau ni vivres, et les informations se contredisaient, en fait il n'y a eu aucun renfort particulier français" colère-t-elle. 

Le bilan fait état de douze Français blessés dans le séisme. Le Quai d'Orsay a ouvert à Paris le centre de crise du ministère (01 43 17 51 00). Dans un communiqué, il précise que l'ambassade est "en contact permanent avec les autorités locales qui procèdent au sauvetage et aux évacuations de ressortissants étranges et  des touristes". Il précise que "des agents consulaires ont été dépêchés à l'aéroport de Lombok pour prêter assistance aux ressortissants français". Un numéro d'urgence est également ouvert aux ressortissants : 021 2355 7677. 

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