Séisme en mer Égée : au moins 58 morts et 896 blessés en Turquie, deux ados tués en Grèce

Dans les décombres de cet immeuble d'Izmir, les secours s'activent ce 31 octobre, au lendemain du puissant séisme qui a touché la région.

CATASTROPHE - Le bilan humain s'est encore alourdi au surlendemain du tremblement de terre de magnitude 7, qui a touché la région d'Izmir et de l'île grecque de Samos. La Turquie et la Grèce ont mis les tensions diplomatiques de côté, se disant prêtes à s'entraider.

L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise d'heure en heure. Des secouristes s'affairaient ce dimanche 1er novembre au matin, à la lueur de lampes frontales, pour fouiller les décombres d'immeubles effondrés dans l'ouest de la Turquie, au surlendemain d'un puissant séisme qui a fait au moins 58 morts et 896 blessées, selon le président turc Recep Tayyip Erdogan. Ce violent tremblement de terre a aussi tué deux adolescents en Grèce voisine.

À Bayrakli, ville turque la plus touchée dans la province d'Izmir, les sauveteurs cherchaient à se frayer un chemin dans les gravats de huit immeubles effondrés, selon l'AFAD. Plusieurs dizaines d'entre eux tentaient de déblayer l'un de ces sites, dans un vacarme assourdissant de pelleteuses et de marteaux-piqueurs et sous les regards inquiets de proches de disparus. Un secouriste a indiqué qu'au moins dix personnes pourraient encore être bloquées sous les décombres. Dans la nuit, un homme a été extirpé vivant des gravats, 33 heures après le séisme de magnitude 7 sur l'échelle de Richter, selon les médias.

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Séisme en Turquie : les secours toujours en quête de survivants

Deux jours après la secousse tellurique, qui a réveillé la craint d'un séisme majeur dans la région, la fatigue et la peine s'étalaient sur les visages des habitants qui ont été nombreux à passer une deuxième nuit dehors, par peur des répliques. Des tentes ont été installées pour héberger les familles, et des bénévoles leur distribuaient de la soupe pour les réchauffer. 

La secousse ressentie jusqu'à Istanbul

Le tremblement de terre, dont la magnitude a été évaluée à 7 sur l'échelle de Richter par l'Institut de géophysique américain (USGS), s'est produit peu avant 12h en mer Egée, au sud-ouest d'Izmir, troisième plus grande ville de Turquie, et près de l'île grecque de Samos.

La secousse a été si puissante qu'elle a été ressentie jusqu'à Istanbul et Athènes et a provoqué un mini-tsunami qui a inondé les rues de Seferihisar, ville turque située près de l'épicentre, et balayé les côtes de Samos. Gökhan Kan, un livreur âgé de 32 ans, était sur sa moto quand le séisme a frappé. "J'étais terrifié, pas pour moi, mais pour ma femme et mon fils (...) Je me suis dit: 'Ca ne va jamais se terminer". J'ai l'impression que ça a duré 10 minutes", raconte-t-il.

Marteau-piqueur

En Grèce, deux adolescents ont été tués sur l'île de Samos par l'écroulement d'un mur, a indiqué la télévision publique Ert. Neuf personnes ont par ailleurs été blessées et des dégâts matériels sont à déplorer. Mais c'est la côte égéenne turque, densément peuplée, qui a été la plus durement touchée. Plusieurs hôpitaux d'Izmir, engorgés à cause de la pandémie de nouveau coronavirus, ont transféré des patients vers d'autres établissements pour pouvoir accueillir les victimes du séisme. 

Turquie et Grèce, des "voisins solidaires"

Mettant de côté leurs vives tensions diplomatiques actuelles, Ankara et Athènes se sont engagés à s'entraider en cas de besoin, lors d'un entretien téléphonique entre le président Erdogan et le Premier ministre Mitsotakis. "Dans ces moments, nos peuples ont besoin de faire front commun indépendamment de nos différences", a écrit Kyriakos Mitsotakis sur Twitter.

"Le fait que deux voisins soient solidaires dans ces temps difficiles a plus de valeur d'un grand nombre de choses", lui a répondu Recep Tayyip Erdogan sur le réseau social.

Cet appel à la solidarité rappelle l'aide que la Grèce avait offerte à la Turquie après un séisme meurtrier en 1999, un geste qui avait permis un réchauffement des relations entre ces deux pays en crise. Des experts avaient alors parlé de "diplomatie du séisme".

La France s'est jointe à ce mouvement, proposant vendredi son assistance à Athènes et Ankara, alors qu'elle est en pleine crise avec la Turquie sur de nombreux sujets diplomatiques et géopolitiques.

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