Selon Donald Trump, le roi Salmane d'Arabie saoudite "ignore" ce qui est arrivé au journaliste saoudien disparu

International
DirectLCI
INTERNATIONAL - Donald Trump affirme ce lundi dans un tweet s'être entretenu avec le roi Salmane d'Arabie saoudite, qui lui a dit "ignorer" le sort du journaliste saoudien disparu, Jamal Khashoggi.

Pour l’heure, le mystère demeure : le 2 octobre, Jamal Khashoggi, un journaliste saoudien résidant aux États-Unis très critique du pouvoir en place dans son pays, s’était rendu dans le consulat saoudien d'Istanbul pour régler les modalités de son mariage avec sa fiancée turque, et n’a plus donné signe de vie depuis. 


Personne ne sait s’il a été assassiné, comme le croient les autorités turques, ou s’il a été conduit de force en Arabie saoudite pour y être emprisonné, comme l’ont été ces derniers mois une quinzaine de journalistes et blogueurs locaux. Une certitude, au moins : l’affaire embarrasse beaucoup Donald Trump, qui s’est entretenu à ce sujet avec le roi Salmane d’Arabie saoudite, allié historique des États-Unis.

"Je viens juste de parler avec le roi d’Arabie saoudite qui nie avoir la moindre connaissance de ce qui est arrivé à ‘notre citoyen saoudien’. Il a dit que son pays travaille étroitement avec la Turquie pour en savoir plus. J’envoie immédiatement notre secrétaire d’État (Mike Pompeo, ndlr) sur place pour qu’il s’entretienne avec le roi", a tweeté, ce lundi après-midi, le président américain. Qui, samedi, sur la chaîne CBS, faute de réaction de Riyad, avait adopté un ton beaucoup plus vindicatif, en promettant un "châtiment sévère" si la responsabilité du royaume wahhabite était avérée.

Maintenant que cette réaction a été obtenue, que va-t-il se passer ? Dimanche, un haut responsable saoudien, sous couvert d’anonymat, a déclaré à l’agence officielle SPA que si des sanctions sont appliquées, l’Arabie saoudite répondra avec "de plus grandes" sanctions encore, soulignant que "l’économie du royaume a un rôle vital et d’influence pour l’économie mondiale". En attendant, la bourse saoudienne dévisse (moins 10% depuis la révélation de l’affaire), tandis que plusieurs grandes entreprises, Virgin et Uber en tête, ont déjà appliqué des mesures de rétorsion à l’encontre du régime de Riyad.

Sur le front de l’enquête, demandée d’une même voix par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, la chaîne turque NTV affirme ce lundi, sources diplomatiques à l’appui, que les locaux du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul sont perquisitionnés cet après-midi. La semaine dernière, la police turque a révélé que le 2 octobre, jour de la disparition du journaliste, un groupe de 15 Saoudiens (parmi lesquels un médecin légiste) avait fait l'aller-retour à Istanbul et au consulat le jour de la disparition. Des images de vidéosurveillance montrent aussi qu’un van est entré dans le consulat cet après-midi-là, pour en ressortir et se rendre ensuite au domicile du consul.

"Une équipe de sécurité saoudienne a détenu Jamal Khashoggi dans le consulat, avant de le tuer et de démembrer son corps. Vous pouvez entendre comment il a été interrogé, torturé puis assassiné", a cependant écrit The Washington Post, citant un individu qui aurait entendu un enregistrement audio de la scène. De son côté, The Guardian, qui cite un membre des autorités turques, ajoute que l'une des voitures du convoi a pu transporter le corps démembré, sans que l’on sache où il a pu être déposé.  Aucune image de vidéosurveillance, en tout cas, ne montre Jamal Khashoggi ressortir du consulat. Il était en conflit ouvert avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, un proche de Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter