"Shutdown" aux États-Unis : c'est quoi ? qui est concerné ? combien ça va coûter ?

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PARALYSIE - Faute d'accord budgétaire entre républicains et démocrates, un second "shutdown" est entré en vigueur ce vendredi 9 février. La faute à une loi cruciale sur le financement de l'Etat jusqu'en 2019 qui n'a pas été voté avant minuit. Les services gouvernementaux américains vont donc fermer partiellement, pour la seconde fois en trois semaines.

Et de deux. Après l'échec d'une tentative de compromis budgétaire entre républicains et démocrates, un "shutdown" partiel est entré en vigueur, ce vendredi 9 février à minuit. Il s'agit de la troisième fermeture de l'Etat fédéral en trois semaines. En cause cette fois, l'échec d'un vote au Sénat sur une loi qui doit permettre le financement de l'Etat jusqu'en 2019. 


Dans l'après-midi, la direction du budget de la Maison Blanche avait demandé aux différentes agences gouvernementales de "se préparer à une interruption des crédits", selon un haut responsable. Mais certains élus ont annoncé qu'ils s'opposeraient au texte qui augmente le plafond des dépenses. 


Le sénateur affilié aux républicains Rand Paul a bloqué le vote pendant plusieurs heures et la présidence du Sénat a dû suspendre la séance. De quoi s'agit-il ? Concrètement, que signifie le "shutdown" pour les USA ? LCI vous explique ce blocage politique, au coût qui pourrait être énorme pour les Etats-Unis.

Qu'est-ce qu'un "shutdown" ?

Au sens littéral, un "shutdown" est une fermeture. Aux États-Unis, il s'agit d'un arrêt des activités gouvernementales lorsque le Congrès échoue à autoriser suffisamment de fonds pour la poursuite des opérations gouvernementales. Tous les services dits "non essentiels" cessent à l'exception du service métérologique, le National Weather Service, des services médicaux, de l'armée, des contrôleurs aériens et des gardiens de prison. 


Selon l'Anti-deficiency Act, les administrations "non essentielles", qui ouvriraient malgré tout, engendreraient des dépenses illégales de l'argent des contribuables. Concrètement, l'État fédéral américain se retrouve en partie paralysé, pendant une durée indéterminée, jusqu'à un accord entre les deux partis.

Y a-t-il déjà eu des "shutdown" ?

Ce n'est pas une habitude... mais presque. Depuis 1976, l'État fédéral américain a connu un arrêt de ses activités à 18 reprises. Entre novembre 1981 et décembre 1987, l'administration de Ronald Reagan a fait face à pas moins de huit cessations temporaires et partielles, un record, suite à des débats concernant la dette publique. Le plus long, en revanche, a eu lieu sous la présidence de Bill Clinton du 15 décembre 1995 au 6 janvier 1996, soit 21 jours en tout. À titre d'exemple, le dernier "shutdown" en octobre 2013, sous Obama, avait duré 16 jours. En moyenne, ces fermetures n'ont jamais dépassé trois jours. 

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ARCHIVE - 2013, le dernier "shutdown" à avoir paralysé les États-Unis

Quels sont les effets concrets ?

Selon la Fédération américaine des employés gouvernementaux (AFGE), plus de 850.000 personnes risquent le chômage technique et plus d'un million d'autres pourraient travailler sans être payées. Au total, plus de 3,5 millions d'employés civils et militaires seraient affectés, sans garantie de paie rétroactive, même si cela a été le cas à chaque fois. Durant les précédents "shutdowns", le Congrès avait, en effet, adopté une loi remboursant rétroactivement les jours de chômage technique.


Cela va aussi se traduire par une réduction des effectifs dans la plupart des agences fédérales, retardant notamment la collecte et le remboursement de l'impôt sur le revenu, la fermeture d'un grand nombre des plus de 400 parcs et musées nationaux ou encore un ralentissement dans le traitement et la délivrance des demandes de visas et de passeports. En outre, à Washington, la capitale fédérale directement financée par le Congrès, plusieurs services seront mis à l'arrêt tels que le ramassage des ordures et le nettoyage des rues. En revanche, les écoles et les transports publics continueront de fonctionner.

Quelle facture pour l'État américain ?

Logiquement, il faut s'attendre à ce que l'économie américaine soit fortement impactée. En 2013, la Maison Blanche avait estimé entre 2 et 6 milliards de dollars la perte de production provoquée par la fermeture. Il est impossible de savoir combien de temps va durer cette nouvelle fermeture. Mais les démocrates ont indiqué qu'ils n'accepteront de voter pour un texte de compromis que s'il pérennise la régularisation de 690.000 jeunes immigrés au statut précaire. Des négociations balayées d'un revers de la main par Sarh Sanders, porte-parole de Donald Trump , laissant augurer des jours à venir difficiles. Néanmoins, selon l'agence de notation Fitch, le "shutdown" n'aura pas de conséquences sur la note (AAA, la plus haute) des États-Unis.

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