Salaire minimum à plus de 3.000 euros : "beaucoup de Français vont vouloir venir à Genève"

Salaire minimum à plus de 3.000 euros : "beaucoup de Français vont vouloir venir à Genève"
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COÛT DE LA VIE - Le salaire minimum garanti va atteindre les 3.050 euros net par mois dans le canton de Genève. Une mesure dont beaucoup se réjouissent, mais qui est "malvenue" pour certains.

C'est le Smic le plus élevé du monde. Les Genevois viennent de se prononcer, par référendum, pour un salaire minimum équivalent à 3.050 euros net par mois dans leur canton, soit près de trois fois le Smic français (1.201 euros net aujourd'hui). Alors évidemment, cette augmentation ravit de nombreux habitants. Cela permettra "une certaine égalité entre salariés", dit l'un d'eux, quand un autre affirme que cela "se justifie grandement". Il faut dire que Genève compte parmi les villes les plus chères d'Europe.

A titre d'exemple, la location d'un deux pièces y coûte 1.500 euros par mois, un simple café plus de 3 euros, et l'assurance maladie 500 euros mensuels. Pour les syndicats, cette mesure sociale permettra de sortir 30.000 personnes de la pauvreté, dont deux tiers de femmes, comme le justifie Alejo Patino, le secrétaire du syndicat Unia à Genève : "Il doit être possible de pouvoir vivre avec un salaire, un travail. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Les gens cumulent deux, trois petits boulots pour pouvoir survivre".

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"C'est malvenu", estime un gérant

La crise du coronavirus et le confinement ont mis en lumière des professions précaires, comme par exemple celle de Luciane. Cette employée de ménage à mi-temps va gagner chaque mois 300 euros supplémentaires, pour passer à 1500 euros net mensuels, grâce au nouveau salaire minimum. "Tout le monde applaudissait les médecins, ce qui est mérité, mais on était là aussi", rappelle-t-elle.

Dans la restauration également, les bas salaires vont constater une embellie sur leur feuille de paie, en passant de 15 à 21 euros de l'heure. Mais pour Stefano Fanari, le gérant d'un restaurant, cette augmentation n'est pas forcément une bonne nouvelle. Il craint d'ailleurs de devoir licencier. "C'est malvenu, ce n'est pas le moment. Je me pose la question de savoir si je dois garder la personne ou pas", explique-t-il. 

Un salaire alléchant pour les transfrontaliers français

Même son de cloche pour les organisations patronales. Pour ces dernières, il ne fait aucun doute que le salaire minimum fera augmenter le taux de chômage. Ce sont "des jobs qui étaient occupés souvent par des gens sans formation. Aujourd'hui, en disant c'est 21 euros, les personnes non formées ne seront plus engagées", prévient Ivan Slatkine, le président de la Fédération des entreprises romandes.

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Le salaire minimum risque aussi d'attirer de plus en plus de travailleurs frontaliers, attirés par la perspective de voir leur pouvoir d'achat augmenter sans avoir à subir le coût de la vie en Suisse. Elsa vit en Haute-Savoie et est employée dans un restaurant genevois. "Il va y avoir beaucoup de Français qui vont vouloir venir à Genève, et du coup il va peut être y avoir moins de travail pour les Genevois. Mais pour nous, c'est une bonne chose", se réjouit-elle. Et pour cause. En 15 ans, le nombre de travailleurs frontaliers français a déjà doublé à Genève.

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