Snowden se défend d'être la marionnette de Poutine

Snowden se défend d'être la marionnette de Poutine

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RUSSIE - Edward Snowden a justifié vendredi son intervention inattendue, la veille, lors du grand show annuel de Vladimir Poutine à la télévision. L'Américain se dit "surpris par les critiques".

"J'ai interrogé le président russe en direct à la télévision pour obtenir une réponse officielle, pas pour le dédouaner". Edward Snowden, après avoir surpris tout le monde la veille en intervenant dans le "show télévisé" de Vladimir Poutine, a expliqué sa démarche vendredi dans un article publié par le Guardian .

L'ancien agent de l'agence de sécurité américaine NSA avait été le clou de ce grand spectacle annuel, au cours duquel le maître du Kremlin répond pendant plusieurs heures à ses concitoyens . Et maintenant une question "inattendue, voire sensationnelle, d'une personne ayant mené une véritable révolution de l'information", avait annoncé la présentatrice du programme. Edward Snowden était alors apparu à l'écran. "Est-ce que la Russie intercepte, stocke ou analyse d'une quelconque façon les communications de millions d'individus?", avait-il demandé dans son message vidéo à Vladimir Poutine. Une perche que l'ex-agent du KGB s'était empressée de saisir : "Nous ne le permettons pas à une telle échelle massive (…). De plus, nous n'avons ni les moyens matériels ni l'argent" des Etats-Unis pour le faire.

"Servie sur commande"

Certains n'ont pas manqué d'accuser de complaisance celui qui est devenu la bête noire des Etats-Unis, et qui vit désormais en Russie. L'ancien avocat général de la NSA, Stewart Baker, a par exemple qualifié sa question d'"inoffensive, servie sur commande et arrangée au préalable".

"Si j'ai posé cette question, c'est pour pouvoir confronter Vladimir Poutine à sa réponse si un jour il s'avère qu'il a menti", s'est en substance défendu Edward Snowden dans le Guardian. "Je m'attendais à ce que certains allaient remettre en cause ma participation à un rendez-vous annuel qui est largement compromis par des questions inoffensives posées à un leader qui n'a pas l'habitude d'être défié. Mais pour moi, cette occasion rare de lever un tabou concernant le débat sur la surveillance d'Etat devant un public majoritairement habitué aux médias d'Etat contre-balance le risque", a écrit l'Américain. Il se dit "surpris de voir que des gens", qui l'ont "vu risquer (s)a vie pour dévoiler les pratiques de surveillance de mon propre pays, ne veulent pas croire qu('il) puisse aussi critiquer la politique de surveillance de la Russie, un pays auquel (il n'a) prêté aucune allégeance". De quoi rassurer ses admirateurs.

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