"Sofagate" : la mise en garde d'Ursula von der Leyen à Charles Michel

"Sofagate" : la mise en garde d'Ursula von der Leyen à Charles Michel

UNION EUROPÉENNE - Lors d'une réunion à Ankara, la présidente de la Commission européenne avait été placée en retrait sur un divan, tandis que Charles Michel et Recep Tayyip Erdogan avaient pris place dans les deux seuls fauteuils disponibles.

Vers le mot de la fin de l'affaire du "Sofagate" ?  La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a reçu ce lundi 12 avril le président du Conseil européen Charles Michel pour la première fois depuis l'incident protocolaire ayant eu cours à Ankara et l'a averti qu'elle "ne permettra pas qu'une telle situation se reproduise"

"Les présidents von der Leyen et Michel ont tenu leur réunion hebdomadaire habituelle et ont discuté d'une série de questions d'actualité", a expliqué le porte-parole de la Commission européenne à l'issue de la rencontre.

L'entretien s'est déroulé au Berlaymont, siège de la Commission européenne et a duré près de deux heures. Ursula von der Leyen "a clairement indiqué qu'elle ne permettra jamais qu'une telle situation se reproduise", a précisé une source à la Commission. Charles Michel a pour sa part rétiré "ses profonds regrets" pour l'incident d'Ankara et a assuré "qu'un tel incident ne doit pas se reproduire", a indiqué son porte-parole. Il a également insisté sur la nécessité de "ne laisser personne diviser l'UE".

La controverse suscitée par la préséance donnée à Charles Michel lors de leur réunion du mardi 6 avril à Ankara avec le président turc Recep Tayyip Erdogan a été vécue comme un affront par Ursula von der Leyen. La présidente de la Commission avait été placée en retrait sur un divan, tandis que Charles Michel, représentant des États membres de l'UE, et Recep Tayyip Erdogan prenaient place dans les deux seuls fauteuils disponibles. 

Les services du Conseil assurent que Charles Michel a la préséance pour le protocole international. La Commission conteste cette lecture et réclame le même rang protocolaire pour les deux dirigeants.

Désaccord entre Commission et Conseil

Ursula von der Leyen a demandé à ses services de contacter leurs homologues au Conseil pour "trouver un 'modus vivendi' afin d'éviter de telles situations à l'avenir", avait expliqué plus tôt dans la journée son porte-parole Éric Mamer. Un memorandum qui expose en cinq points les demandes de la présidente de la Commission sur la base de "l'interprétation des règles en vigueur", a été transmis par email aux collaborateurs de Charles Michel, a-t-il précisé.

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Le texte est analysé comme "une série de conditions" imposées par la Commission avec la volonté "d'affaiblir le Conseil européen", a affirmé à l'AFP un représentant du Conseil, l'organe représentant les 27 Etats membres. L'exécutif européen s'est défendu d'avoir une telle intention: "Nous ne revendiquons rien de plus que ce qui est dans les traités", a assuré Éric Mamer. 

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Europe : qui est Ursula von der Leyen ?

Épingle par de nombreux élus européens pour son silence à Ankara, Charles Michel s'est défendu de tout sexisme, assurant dans un entretien à plusieurs médias européens n'avoir pas réagi pour éviter "un incident (diplomatique) beaucoup plus grave" avec Ankara. C'était la première fois lundi que les deux dirigeants se parlaient depuis l'incident, malgré des tentatives précédentes de Charles Michel de contacter Ursula von der Leyen.

"Après Ankara, la présidente est allée en Jordanie, puis elle s'est rendue en Allemagne pour la première fois depuis Noël pour retrouver sa famille, et durant ce séjour, elle a privilégié ses relations familiales", a expliqué le porte-parole de la Commission. Les présidents des deux institutions seront entendus mardi en fin de journée par les chefs des groupes politiques au Parlement européen, où un débat sur le "Sofagate" a été réclamé.

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