Solitaire, "séparatiste blanc", obsédé par les armes à feu : le profil de l'auteur présumé de la tuerie en Floride se précise

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TUERIE - Des premiers éléments commencent à filtrer sur le profil de l'auteur présumé de la fusillade, dans un lycée de Floride, qui a fait 17 morts ce mercredi 14 février. Nikolas Cruz, 19 ans, était un ancien élève de l'établissement, expulsé pour des raisons disciplinaires et obsédé par les armes à feu.

La fusillade a fait 17 morts, selon le dernier bilan officiel. Mercredi 14 février, en début d'après-midi, un homme a ouvert le feu au lycée Marjory Stoneman Douglas, à Parkland, en Floride. Des premiers éléments commencent à filtrer sur le profil du tueur  présumé, identifié par les autorités et placé en garde à vue. Son nom : Nikolas Cruz, un ancien élève du lycée âgé de 19 ans, omnubilé par les armes à feu et inculpé, ce jeudi, de 17 meurtres avec préméditation.


Auprès des médias présents sur place, ses ex-camarades décrivent un jeune homme "seul", "sans ami" et "un peu bizarre", qui "parlait toujours de flingues et se cachait le visage". "Il avait toujours des armes sur lui. Il a déjà fait plein de trucs à l'école, et il avait été viré pour ça", explique notamment un rescapé à la chaîne locale WFOR-TV. Un autre ajoute : "Beaucoup de gens disaient que si quelqu'un ouvrait le feu à l'école, ce serait lui. Tout le monde l'avait prédit, en fait."

Le principal du lycée, Robert Runcie, a lui aussi confirmé, plus tard dans la soirée, que le suspect a récemment été expulsé de l'école, pour des raisons disciplinaires. Au moment de la tuerie, il était scolarisé dans un autre établissement. 


Du côté du voisinnage, on est davantage surpris. Le New York Times a rencontré une ancienne voisine dans un lotissement cossu de Parkland. Il apparaît que Nikolas Cruz résidait ici, avec sa famille, jusqu'à un an auparavant. Selon le quotidien américain, le jeune homme était adopté, comme son frère. La voisine indique également qu'il arrivait à la mère des deux garçons d'appeler de temps en temps la police, pour raisonner ses fils. "Je pense qu'elle essayait de les effrayer un peu, explique-t-elle, Nikolas avait des problèmes de comportement, mais je n'ai jamais pensé qu'il puisse être violent". Plusieurs médias américains ajoutent que les deux parents du suspect seraient décédés en novembre 2017, un élément que les autorités n'ont pas encore confirmé. 

"Il faisait partie" d'une organisation "séparatiste blanche"

Scott Israel, le sheriff du comté de Broward, est chargé de l'enquête. Il indique à la presse ne pas être en mesure de donner le mobile de la tuerie, mais précise que ses équipes sont en train d'en apprendre davantage sur le gardé à vue à travers ses comptes sur les réseaux sociaux, qu'il juge "très, très problématiques". En effet, des captures d'écran d'un compte Instagram qui lui est attribué - supprimé depuis et non encore formellement authentifié - montrent de nombreuses photos du jeune homme avec des armes automatiques, des couteaux, ainsi qu'une grenouille visiblement éviscérée.


A la mi-journée jeudi 15 février, le Daily Beast faisait part de l'appartenance de Nikolas Cruz au groupe suprémaciste blanc "Republic of Florida" : "Il faisait partie de notre organisation", a annoncé l'un de ses chefs Jordan Jereb. Une organisation "blanche séparatiste paramilitaire et proto-fasciste", complète ce dernier. Le Daily Beast fait état de déclarations de camarades de classe du tireur selon lesquels Nikolas Cruz avait arboré des casquettes "Make America Great Again".

Je ne pense pas qu'on aurait pu être davantage préparésMelissa Falkowski

L'enquête devra également déterminer comment le tireur présumé est passé à travers les mailles du filet, étant donné que tout le monde au sein de l'établissement, professeurs et élèves, avaient été avertis du comportement problématique de Nikolas Cruz. 

Melissa Falkowski, professeure au lycée Stoneman Douglas, explique ainsi : "Je ne pense pas qu'on aurait pu être davantage préparés. Je veux dire, nous avons parlé à chaque classe, nous leur avons dit quoi faire dans ce genre de situation, nous leur avons rappelé les règles de sécurité. On savait quoi faire. Et même avec ça, il y a 17 personnes qui ne reviendront jamais et pour moi, c'est totalement inacceptable. Il est temps pour le Congrès, le gouvernement, quelqu'un, de faire quelque chose, de mettre un nom sur le problème et d'essayer de le régler." La tuerie de Parkland est déjà le 18ème incident lié à l'usage d'une arme au sein d'une école américaine depuis le début de l'année 2018.

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