Sommet à Genève : Joe Biden et Vladimir Poutine attendus pour un face-à-face tendu

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FACE-À-FACE - Vladimir Poutine et Joe Biden se retrouvent mercredi 16 juin pour leur premier sommet à Genève. Ces derniers jours, l'un comme l'autre ont abordé cette rencontre avec détermination, alors que de nombreux contentieux doivent y être abordés.

Joe Biden a promis de poser clairement "ses lignes rouges". Le président américain doit rencontrer ce mercredi son homologue russe, Vladimir Poutine, lors d'un sommet à Genève qui s'annonce tendu. Destiné à apaiser les tensions avec la Russie et tenter de dégager quelques rares terrains d'entente, ce face-à-face sera l'occasion d'aborder de nombreux contentieux russo-américains.

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Même si la Maison Blanche n'a eu de cesse de souligner qu'il ne fallait attendre aucune percée spectaculaire, le président de 78 ans sait qu'il a l'occasion de peaufiner son image de fin négociateur à Genève. La ville a déjà accueilli le premier face-à-face entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en 1985, qui avait marqué le début du dégel de la Guerre froide. "Je suis toujours prêt", a répondu mardi à son arrivée le président américain, interrogé sur son état d'esprit avant le rendez-vous qui sera scruté avec attention à travers le monde.

Le président russe, qui est attendu à Genève en milieu de journée, peut de son côté faire valoir une longue expérience. Il a déjà côtoyé quatre autres présidents américains depuis son arrivée au pouvoir fin 1999. Et nombre d'observateurs s'accordent à dire qu'il a déjà obtenu ce qu'il désirait le plus : la tenue du sommet comme illustration de l'importance de la Russie sur la scène mondiale. 

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Expansionnisme en Ukraine, cyberattaques en série et sort de Navalny, trois des sujets qui fâchent

Les deux dirigeants se retrouveront à la Villa La Grange, une magnifique bâtisse du XVIIIe siècle, posée au cœur de la ville et de son plus grand parc avec une vue imprenable sur le lac Léman. Les discussions, qui débuteront à 13h, devraient durer entre quatre et cinq heures. Au programme : une rencontre en format réduit (les présidents américain et russe ainsi que les chefs de la diplomatie américaine et russe, Antony Blinken et Sergueï Lavrov), avant une séance de travail élargie.

Entre la Maison Blanche et le Kremlin, les discussions s'annoncent âpres et difficiles, en particulier sur le plan militaire. La Russie se voit reprocher son expansionnisme militaire auprès de l'Ukraine. 100.000 de ses soldats ont été déployés aux frontières avec ce pays de 44 millions d'habitants, laissant craindre une invasion de ce pays. En 2014, la Russie l'avait déjà amputé de la Crimée. Moscou assure de son côté que ce sont les manœuvres et déploiements militaires de l'Otan en Europe orientale qui constituent la plus grande menace régionale.

Une autre question sensible reste celle de la désinformation en ligne et des attaques informatiques. Au-delà de la tentative d'ingérence dans l'élection de 2016 au profit de Donald Trump, des cyberattaques massives ont récemment agacé Washington. SolarWinds, Colonial Pipeline, JBS : autant d'opérations imputées à Moscou, ou à des groupes de hackers basés en Russie. La Russie, qui a toujours démenti, accuse Washington de s'immiscer dans ses affaires en soutenant l'opposition ou en finançant organisations et médias critiques du Kremlin. "Nous avons été accusés de toutes sortes de choses" mais "pas une seule fois, ils n'ont pris la peine de produire la moindre preuve", a lancé le président russe cette semaine.

Le cas Navalny risque également d'agiter les discutions. L'opposant russe est aujourd'hui emprisonné après voir failli mourir d'un empoisonnement qu'il accuse le Kremlin d'avoir fomenté. Mardi, depuis Bruxelles, Joe Biden a lancé un avertissement très clair au sujet du célèbre opposant. La mort de Navalny "serait une tragédie", a-t-il lancé. "Cela ne ferait que détériorer les relations avec le reste du monde. Et avec moi." La Russie affirme s'interroger en retour sur le respect des droits des émeutiers pro-Donald Trump arrêtés après le saccage du Capitole en janvier. Elle dénonce la "censure" pratiquée selon elle à Hollywood ou sur internet par les réseaux sociaux. Plus globalement, Moscou raille un "politiquement correct poussé jusqu'à l'absurde" aux États-Unis.

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Hôte de ce sommet, le président suisse, Guy Parmelin, veut, lui, espérer. "Le monde a derrière lui 18 mois d’une pandémie qui l’a frappé terriblement. La rencontre de Genève représente une chance pour les présidents des États-Unis et de la Russie d'infuser un peu plus d'optimisme, un peu plus d’espoir dans la politique mondiale."

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