Sommet de NY sur le climat : pourquoi Copenhague, en 2009, a échoué

International
FLASHBACK - Il y a cinq ans, l'échec de la conférence de Copenhague avait illustré l'incapacité des Etats à s'entendre sur les objectifs espérés de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Retour sur un échec douloureux.

"Flopenhague". Il y a cinq ans, l'échec de la conférence dans la capitale danoise avait été considéré comme une déconfiture, aboutissant à un accord très loin des objectifs initialement affichés. Un échec dont les défenseurs de la lutte contre le réchauffement climatique assurent avoir tiré les leçons, à la veille du sommet de New York cette semaine. Retour sur cet échec cuisant.

"Les difficultés de cette conférence, c’est la preuve d’un système onusien à bout de souffle. […]", avait concédé Nicolas Sarkozy au dernier jour du sommet. La mine des mauvais jours, le chef de l’Etat n’avait pas dissimulé sa "déception", évoquant malgré tout "le meilleur accord possible". Pourtant, celui-ci accouche d’une souris : aucuns objectifs chiffrés de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, sans parler de l’absence de création d’une Organisation mondiale de l’environnement pour vérifier la mise en œuvre des engagements de chacun. Bref, rien de bien contraignant. Au grand dam des acteurs de l’époque.

"Il est urgent d'agir"

Comment expliquer cette désillusion ? Premiers responsables : les Etats Unis et la Chine. Les deux géants avaient en effet tenu des discussions parallèles pour préserver leurs intérêts, un "G2" aboutissant à un document non contraignant, se contentant de prôner la "coopération" pour atteindre un pic des émissions "aussi tôt que possible". Sans parler du flou dans les négociations. Dans les dernières heures du sommet, Barack Obama et Nicolas Sarkozy annoncent un accord. Problème, de nombreux pays affirment ne pas être au courant. Toute la nuit, une séance plénière est improvisée, des chefs d’Etat prenant la poudre d’escampette quand d’autres refusent tout simplement de signer le document final.

L’accord a néanmoins permis de poser un objectif, visant à limiter le réchauffement à deux degrés par rapport à l'époque pré-industrielle. Quatre années de négociations ont depuis suivi afin de formaliser cet objectif, que l'ONU soutient en organisant son sommet du climat mardi. Ban Ki-moon a d’ores et déjà prévenu ses invités : "Il est urgent d'agir : plus nous attendons, plus nous le paierons en vies humaines et en argent perdu".

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter