Sommet de Paris sur le climat : que faut-il en retenir ?

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ENVIRONNEMENT - Des entreprises et institutions internationales ont promis mardi 12 décembre à Paris de se détourner des énergies fossiles, lors d'un sommet destiné à empêcher de "perdre la bataille" contre le réchauffement climatique. On fait le point sur les autres engagements pris lors de ce "One Planet Summit", organisé par Emmanuel Macron.

"On est en train de perdre la bataille". Devant une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement, Emmanuel Macron n'a pas masqué ce mardi à Paris son inquiétude vis-à-vis du réchauffement climatique. Il faut dire que, depuis l'Accord de Paris sur le climat il y a 2 ans, les signaux sont au rouge : Donald Trump a retiré les Etats-Unis de ce pacte historique. Et, sur la base des engagements pris en 2015 par les Etats, la planète se dirige toujours vers +3°C par rapport à l'ère pré-industrielle.


Malgré ces revers, le président français a appelé à la mobilisation. Le "One Planet Summit" de ce mardi sur le climat a ainsi été l'occasion pour les acteurs économiques et financiers d'annoncer plusieurs décisions contre le réchauffement. 

Les engagements ? Verdir les investissements, se désengager des énergies fossiles et favoriser la transparence des entreprises sur les risques climatiques générés par leur activité.

La Banque mondiale coupe le robinet du pétrole

La Banque mondiale a annoncé qu'elle arrêterait de financer après 2019 l'exploration et l'exploitation de pétrole et de gaz. Elle est la première banque multilatérale à prendre un tel engagement. En 2016, ses financements dans l'industrie pétrolière et gazière ont représenté près d'1,6 milliard de dollars, soit moins de 5% de la totalité des fonds accordés.

Le charbon n'a plus la cote

L'assureur Axa a annoncé qu'il renonçait à assurer et à investir dans toute entreprise engagée dans la construction de centrales à charbon. Le groupe français compte aussi retirer près de 2,5 milliards d'euros d'investissements dans le secteur. Axa a promis de se désengager à hauteur de 700 millions d'euros des projets liés aux sables bitumineux. Il va en parallèle accroître de 9 milliards d'euros ses investissements "verts" (infrastructures...) d'ici à 2020. De son coté, la banque néerlandaise ING s'est engagée à "accélérer la baisse" des financements des centrales à charbon. D'ici à 2025, elle ne financera plus que les producteurs d'électricité utilisant moins de 5% de charbon et arrêtera de financer directement les projets de centrales à charbon.

Des entreprises sous surveillance

Un groupement de plus de 200 grands investisseurs, dont HSBC et le plus gros fonds de pension public américain (CalPERS), a décidé de mettre la pression sur 100 entreprises parmi les plus polluantes, pour qu'elles améliorent leur gouvernance sur le climat, réduisent leurs émissions et renforcent la publication de leurs informations financières relatives au climat. La liste des cent entreprises visées ("ClimateAction 100+"), comprend de grands groupes pétroliers et gaziers (BP, Chevron, Coal India...), des acteurs du secteur des transports (Airbus, Ford, Volkswagen...), et des groupes miniers et sidérurgiques (ArcelorMittal, Glencore...). Pendant cinq ans, ces 225 investisseurs, qui représentent 26.300 milliards de dollars d'actifs sous gestion, vont suivre de près ces entreprises. Si elles font des progrès, elles pourront être retirées de la liste.

Des budgets verts

Le président de l'OCDE a annoncé le lancement d'une initiative baptisée "Paris Collaborative on Green Budgeting", à laquelle la France et le Mexique vont adhérer, et qui doit contribuer à l'élaboration de méthodologies pour établir des "budgets nationaux 'verts'".

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