Sommet des pays des Balkans : quels Etats pourraient rejoindre l'Union européenne ?

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CANDIDATS - Alors que se tient vendredi 5 juillet un sommet à Poznan (Pologne) sur la future adhésion des pays des Balkans, zoom sur ces Etats qui souhaitent intégrer l'Union européenne et leur situation dans le processus.

L’Union européenne pourrait-elle passer de 28 (27 après le Brexit) à...34 (ou 33) ? C’est ce que souhaiteraient les pays balkaniques. Vendredi 5 juillet se tient à Poznan (Pologne) un sommet réunissant les leaders des pays des Balkans en vue d’accélérer leurs processus d’adhésion à l’Union européenne. Angela Merkel, Edouard Philippe et Theresa May y seront présents. Il s’agit du sixième sommet annuel de l'initiative du processus de Berlin pour l'intégration européenne des pays des Balkans occidentaux. L'occasion de revenir sur les pays susceptibles de rejoindre l'UE dans les prochaines années.   

Qui sont les candidats ?

L'Albanie

La candidature déposée en 2009 par l’Albanie est officiellement reconnue en juin 2014. Le Conseil européen a toutefois indiqué que le pays devait "intensifier ses efforts pour réformer l’administration publique, le système judiciaire et poursuivre la lutte contre la criminalité organisée [...] intensifier ses efforts en matière de respect des droits de l’homme, et de politiques contre la discrimination, principalement envers les minorités". 


En avril 2018, la Commission européenne a proposé d’entamer des négociations officielles, considérant les avancées de l'Albanie suffisantes pour la rendre apte à une adhésion. 

La Macédoine du Nord

L’Ancienne République yougoslave de Macédoine a été reconnue comme pays candidat lors du Conseil européen du 16 décembre 2005. Après une période de gel due au litige avec la Grèce concernant le nom du pays, les négociations officielles pour préparer son entrée dans l'UE ont repris en 2018.


La Commission européenne indique dans le premier bilan annuel concernant le pays remis en 2006 que la Macédoine du Nord est "en bonne voie pour respecter les critères politiques", et que des progrès économiques sont notables.

Le Monténégro

A la suite d’une recommandation de la Commission européenne, le Conseil a accordé au Monténégro le statut de candidat officiel à l’adhésion en 2010. Néanmoins, la Commission précisait que des efforts restaient nécessaires concernant notamment les droits fondamentaux : la lutte contre les discriminations, la liberté d'expression, la situation des personnes déplacées provenant de Croatie, de Bosnie ou du Kosovo, etc.


Depuis 2014, de nombreux chapitres de négociation ont été ouverts. Sur 25 chapitres ouverts, trois sont clôturés : Science et recherche, Education et culture et Relations extérieures. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a déclaré en 2017 que l’adhésion du Monténégro à l’Union n’aurait pas lieu avant 2025, étant donné le faible avancement des négociations. 

La Serbie

Après un dépôt de candidature en 2009 comme l’Albanie, la Serbie devient officiellement candidate en 2012. Une décision notamment soutenue par la France, l’Italie et l’Autriche.


Actuellement, 8 chapitres de négociation sur 35 sont ouverts. Le chapitre Politique d’entreprise et industrielle ouvert en 2017 est le dernier en date. Là encore, Jean-Claude Juncker a estimé que l’adhésion de la Serbie ne se ferait pas avant 2025.

Deux candidatures potentielles

La Bosnie-Herzégovine

La candidature de la Bosnie-Herzégovine a été déposée en 2016, mais le statut de candidat officiel est en cours de négociation. En avril 2018, la Commission explique que "des progrès sont encore nécessaires" avant l'intégration de la Bosnie-Herzégovine dans l'Union.

Le Kosovo

Le Kosovo est reconnu par la Commission européenne comme candidat potentiel en 2008, après la proclamation de son indépendance par le Parlement kosovar le 17 février de la même année. Une indépendance aujourd’hui reconnue par 23 pays membres de l’UE sur 28, dont la France. Mais il n’y a pour l’instant eu aucun dépôt de candidature. 

Où en est le processus ?

Emmanuel Macron a prévenu : il n’est pas question d’envisager un élargissement de l’Union européenne sans avoir réformé le fonctionnement institutionnel au préalable. La France n’est pas le seul pays réticent à l’adhésion des pays balkaniques. L'Allemagne et les Pays-Bas ont également bloqué mardi 18 juin, à Luxembourg, le principe du démarrage de négociations d’adhésion pour l’Albanie et la Macédoine du Nord. L'unanimité des 28 pays était requise. L'Union européenne avait alors décidé de reporter à octobre sa décision d'engager ou non des négociations. Les pays balkaniques vont donc devoir s'armer de patience avant d'adhérer officiellement à l'UE. 

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