Sonde américaine saisie (puis rendue) par la Chine : une nouvelle étape dans l’escalade des tensions entre Washington et Pékin

Sonde américaine saisie (puis rendue) par la Chine  : une nouvelle étape dans l’escalade des tensions entre Washington et Pékin

CRISPATIONS – La saisie par Pékin d’une sonde scientifique américaine jeudi en mer de Chine méridionale a ravivé encore un peu plus des tensions déjà prégnantes. Et même si l’objet a, selon les autorités chinoises, été rendu aux Etats-Unis, cette nouvelle crise pourrait bien laisser des traces indélébiles.

"Penser à l’impensable." Voilà le sous-titre sans équivoque choisi par le think-tank américain RAND Corporation lors de la publication, cet été, d’une étude baptisée "Guerre avec la Chine". Révélé fin juillet, ce document vise à anticiper ce que pourraient être les éventuels sujets de tensions entre Washington et Pékin, tout en essayant de trouver les moyens de s’en prémunir. Des tensions qui existent bel et bien entre les deux superpuissances, et qui ne semblent pas en voie d’apaisement.

Dernière preuve en date, la saisie jeudi par l’Empire du Milieu d’une sonde scientifique américaine en mer de Chine méridionale – zone hautement stratégique –, à quelque 50 milles nautiques au large des Philippines. L'incident est survenu au moment où l'équipage du USNS Bowditch, un navire océanographique, retirait de l'eau deux de ces drones sous-marins. Un bateau chinois s’est alors approché et a attrapé l'un des deux engins. 

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Si la Chine a fait savoir ce mardi qu'elle avait rendu aux Etats-Unis ce drone saisi, selon elle, "d’une manière appropriée", cet épisode pourrait bien laisser des traces tenaces, sinon indélébiles. Il faut dire que la relation sino-américaine a connu des jours meilleurs. Ces derniers mois, plusieurs évènements ont en effet contribué à une forme de détérioration des rapports, tandis que les deux pays cherchent à étendre leur influence en Asie du Sud-Est, avec l’Accord de partenariat transpacifique ardemment voulu par Barack Obama par exemple.  

La marine américaine fait d’ailleurs aussi régulièrement croiser ses bateaux de guerre en mer de Chine, ce que Pékin déplore. Samedi, réagissant à l’affaire de la sonde, le ministère chinois de la Défense a ainsi dénoncé une nouvelle fois les "reconnaissances à basse altitude" et les "relevés militaires" de son rival, l'exhortant à "stopper ces activités". 

La crainte de l’étincelle

Dans son étude, RAND Corporation souligne justement que c’est par ce genre de crises qu’un conflit plus important pourrait finir par se produire. Une éventuelle guerre entre la Chine et les Etats-Unis "n’est pas susceptible d’être le résultat d’une attaque préméditée de l’une ou l’autre des parties", explique l’institut, qui exclut la possibilité d’une initiative armée délibérée mais parle "d’incidents ou d’erreurs de calcul conduisant à des hostilités".  

RAND Corporation évoque notamment "la contradiction entre la revendication de la souveraineté de la Chine sur sa zone économique exclusive (ZEE) de 200 milles nautiques et l'insistance des États-Unis pour que ces zones soient des eaux internationales au-delà de 12 milles nautiques des côtes". Une contradiction qui pourrait "amener les forces armées à se retrouver dans une proximité étroite et dangereuse".  

Une inconnue nommée Donald Trump

Dans ce contexte tendu, l’arrivée de Donald Trump à la tête des Etats-Unis ne semble pas de nature à apaiser les choses. Outre sa vision diplomatique plutôt floue et incertaine, le président-élu a multiplié ces dernières semaines les déclarations contre Pékin, menaçant de mettre un terme à la reconnaissance de la "Chine unique" en se rapprochant de Taïwan, ou encore en accusant le gouvernement communiste de manipuler son taux de change au détriment du dollar.

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Samedi, c’est comme souvent sur Twitter qu’il a réagi à l’incident de la sonde (avec une coquille finalement corrigée mais très commentée). "La Chine vole un drone de recherche de la marine américaine dans les eaux internationales – le sort de l'eau et le ramène en Chine dans un acte sans précédent", a-t-il déploré, avant de reprendre son téléphone dimanche pour finalement déclarer : "Nous devrions dire à la Chine que nous ne voulons pas du drone qu'ils nous ont volé. Qu'ils le gardent !"

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