Humanitaire française enlevée au Mali : un nouveau signe du sordide "business des otages" ?

Humanitaire française enlevée au Mali : un nouveau signe du sordide "business des otages" ?

RAPT – La Française Sophie Pétronin, enlevée samedi au Mali, a-t-elle été victime d’un acte crapuleux ? Rien n’est moins sûr, même si la région est tristement connue comme une place forte du "business des otages".

Deux jours après son enlèvement au Mali, Sophie Pétronin reste introuvable. Alors que les recherches se poursuivent ce lundi pour localiser l’humanitaire française enlevée samedi à Gao, dans le nord-est du pays, les enquêteurs n’excluent pour l’instant aucune piste. 

Terrorisme ? Rapt crapuleux ? Les deux hypothèses sont jugées crédibles dans cette région particulièrement instable, où les djihadistes ont longtemps prospéré et où le "business des otages" est devenu tristement récurent. Entre 2010 et 2013, treize Français ont été enlevés ou tués dans le Sahel, par des groupes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou par des malfaiteurs désireux de revendre leurs prises aux terroristes.

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Des rançons par procuration ?

Les enlèvements dans la région sont d’ailleurs principalement des affaires de gros sous et de rançons. Affaires auxquelles participent de nombreux intermédiaires, le plus souvent mus par l'appât du gain. "À côté de cellules qui se réclament par exemple d’Al-Qaïda, vous pouvez avoir des contrebandiers, des trafiquants, explique à LCI, Vincent Hugeux, journaliste à L’Express et spécialiste de l’Afrique. Et ce qui rend l’analyse compliquée, c’est que vous avez une sorte de grand maquis inextricables où toutes ces composantes peuvent cohabiter." 

Si – officiellement – la France refuse de verser des rançons, dans les faits des arrangements financiers parfois (très) complexes ont quelques fois été montés pour permettre des libérations d'otages. Des versements d’argent peuvent ainsi avoir lieu par l’intermédiaire de pays alliés sinon concernés par la situation. "On peut solliciter un 'Etat ami' – une pétromonarchie du Golfe – qui va, par le biais d’une fondation, négocier, payer", poursuit Vincent Hugeux. 

On n'a pas versé un seul centime- François Hollande à propos du paiement de rançons depuis le début de son quinquennat

Dans le livre "Un président ne devrait pas dire ça…", de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, François Hollande indiquait que, depuis son arrivée au pouvoir en 2012, la France "n'a pas versé un seul centime". Mais, comme un aveu, il nuance ensuite ses propos : "La France ne verse pas de rançon, mais elle a suffisamment d'amis pour que, si ce ne sont pas des rançons, ce soient  des services. C'est un geste de courtoisie, de bons rapports, ce ne sont pas de grosses sommes". De quoi motiver les malfaiteurs et faire prospérer le "business des otages". 

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Enlèvement d'une humanitaire française au Mali: toujours aucune revendication

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