Soudan : condamnée pour le meurtre de son mari violeur, une adolescente échappe à la peine de mort

Soudan : condamnée pour le meurtre de son mari violeur, une adolescente échappe à la peine de mort

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VICTOIRE – Pour avoir tué son mari qui l’avait violée, Noura Hussein avait été condamnée à la peine de mort par pendaison. La cour d’appel soudanaise a commué sa sentence en cinq ans de prison et une amende de 337.500 livres soudanaises (environ 12.000 euros).

Son affaire avait fait grand bruit, poussant à réagir jusqu’à l’actrice Emma Watson ou l’ancienne top-model Naomi Campbell. Amnesty International avait même lancé la campagne #JusticeForNoura, du nom de cette jeune Soudanaise condamnée à mort pour avoir tué son mari violeur. La mobilisation a porté ses fruits : Noura Hussein va avoir la vie sauve.


Mardi, une cour d’appel a annulé la peine capitale qui lui était infligée pour la commuer en une condamnation à cinq ans de prison assortie d’une amende de 337.500 livres soudanaises (environ 12.000 euros). Les pétitions, messages et campagne autour de son sort auront fini par faire réagir la justice.

Mariée de force à 16 ans à un cousin qui a le double de son âge, elle refuse de consommer le mariage. Un soir de mai 2017, son mari appelle alors ses frères et un cousin pour l’aider à la violer. A la seconde tentative de viol, elle le poignarde mortellement. Noura Hussein est condamné à mort par pendaison pour homicide volontaire. Sa situation émeut la communauté internationale et différentes ONG qui donnent de la voix pour évoquer son mariage forcé dans un pays qui autorise le mariage d’enfants à partir de 10 ans. 


Même si Amnesty International a jugé que la peine était encore "disproportionnée" pour la jeune fille de 19 ans, l’organisation salue les soutiens reçus qui ont permis de changer la sentence. Elle demande une révision des lois "pour faire en sorte que Noura Hussein soit la dernière personne à devoir endurer une telle épreuve", a expliqué Seif Magango, le directeur adjoint régional d’Amnesty. Il rejoint ainsi la position de l’ONU qui demande au Soudan de criminaliser la violence domestique et le viol conjugal.

Encore aujourd’hui, l’Unicef estime que plus de 12 millions d’enfants sont mariés de force chaque année dans le monde

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