Soudan : la jeune chrétienne Meriam de nouveau arrêtée

International

DROITS DE L'HOMME - Meriam Ishag, libérée lundi après l'annulation de sa condamnation à mort pour apostasie, aurait été arrêtée à l'aéroport de Khartoum alors qu'elle s'apprêtait à quitter le pays.

Au lendemain de l'annulation par la justice soudanaise de sa condamnation à mort pour apostasie, Meriam Yahia Ibrahim Ishag aurait été interpellée à l'aéroport de Khartoum. "La sécurité nationale l'a arrêtée avec Daniel (son mari, ndlr). C'est pourtant son droit de quitter le pays", s'est indigné un membre de sa famille. Le couple aurait été arrêté mardi matin alors qu'il tentait de quitter le pays avant d'être conduit dans des locaux du Service national de renseignement et de sécurité (NISS). De leur côté, les Etats-Unis ont assuré qu'ils tentaient de la faire sortir du Soudan avec son mari, un Américain, et leurs deux enfants. "Le département d'Etat a été informé par le gouvernement soudanais que la famille avait été temporairement retenue pendant plusieurs heures à l'aéroport pour des questions relatives à leur voyage", selon la porte-parole de la diplomatie américaine.

Condamnée à la pendaison

L'histoire de Meriam Yahia Ibrahim Ishag avait ému la communauté internationale et les organisations de défense des droits de l'Homme. Née d'un père soudanais musulman et d’une mère éthiopienne orthodoxe, qui l’a élevée seule, la jeune femme avait été arrêtée suite à son mariage avec un chrétien. La justice soudanaise lui avait alors donné trois jours pour revenir à l'islam. Mais Meriam Yahia Ibrahim Ishag avait refusé de se soumettre à une religion qui n'était pas sienne, expliquant avoir grandi dans la foi chrétienne. Le 15 mai dernier, en vertu de la loi islamique en vigueur qui interdit les conversions au Soudan, elle avait été condamnée à la pendaison. Un verdict accompagné de 100 coups de fouet pour "adultère", car selon l'interprétation soudanaise de la charia, toute union entre une musulmane et un non-musulman est considérée comme tel.

Leaders politiques et représentants des principales communautés religieuses en Europe avaient alors dénoncé le sort "inhumain" réservé à la jeune femme. Ses avocats avaient fait appel début juin. Lundi, après l'annonce de sa libération, Meriam Yahia Ibrahim Ishag s'était immédiatement cachée "avec son mari et ses deux enfants dans un lieu sûr craignant pour sa vie", avait fait savoir Me Mohannad Moustafa. A-t-elle voulu rejoindre les Etats-Unis aux côtés de son époux de nationalité américaine ? Pour l'heure, les autorités soudanaises n'ont fait aucun commentaire sur cette arrestation qui risque de raviver la polémique.
 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter