Sous la menace de Trump, Ford rapatrie une future usine du Mexique aux Etats-Unis

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COMMERCE - Le futur président américain a menacé ce mardi sur Twitter General Motors de taxer ses voitures fabriquées au Mexique. Dans la foulée, Ford a annulé un investissement prévu dans ce pays.

Après Boeing et Lockheed Martin, voilà maintenant que les constructeurs automobiles américains sont dans le viseur du futur président américain. Deux semaines avant sa prise de fonction, Donald Trump a en effet pris pour cible ce mardi General Motors dans un tweet assassin accusant le géant américain de délocaliser ses chaînes de montage au Mexique :


"General Motors livre des voitures Chevy Cruze, fabriquées au Mexique, à ses concessionnaires aux Etats-Unis sans payer de taxe. Fabriquez aux Etats-Unis ou payez une lourde taxe frontalière", a-t-il ainsi déclaré sur les réseaux sociaux.

Le géant de Detroit a immédiatement démenti en partie les accusations de Donald Trump, expliquant que la Chevrolet Cruze vendue aux Etats-Unis était produite près de la ville de Cleveland, dans l'Ohio (nord).


Hasard ou coïncidence, quelques heures après le tweet de Donald Trump, son rival Ford, qui s'était aussi vu reprocher par le président élu ses investissements prévus au Mexique, a annoncé l'annulation de la construction d'une usine à San Luis Potosi pour 1,6 milliard de dollars. Une partie de cette somme va être réaffectée pour fabriquer des véhicules autonomes et électriques aux Etats-Unis.

Quand Ford recule, Trump crie victoire

Le groupe avait pourtant confirmé la construction de cette usine après les premières attaques de Donald Trump en novembre et semble donc avoir opté finalement pour une retraite en bon ordre. Le PDG de Ford a toutefois démenti toute dimension politique et assuré avoir pris sa décision en toute "indépendance": "Nous n'avons pas conclu d'accord avec le président élu", a ainsi déclaré Mark Fields dans un entretien accordé à CNN, lors duquel il a indiqué qu'il créerait ainsi 700 emplois aux Etats-Unis en signe de "vote de confiance" à l'égard du futur président.


Donald Trump a aussitôt crié victoire en écrivant un autre tweet assurant que les Etats-Unis allaient devenir "le plus grand pôle d'attraction pour l'emploi et l'innovation".

Une menace à 35%

Durant sa campagne présidentielle, Donald Trump avait, en effet, promis de remettre en cause des traités commerciaux comme l'Alena, un accord signé en 1994 instaurant une zone de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Le milliardaire avait expliqué vouloir fixer une taxe de 35 % à l'importation de véhicules aux Etats-Unis.


Et depuis son élection, l'ancien magnat de l'immobilier prend un malin plaisir à malmener sur les réseaux sociaux les grands industriels américains. Début décembre, il avait menacé d'annuler le contrat de la Maison Blanche avec Boeing pour le futur super avion présidentiel, Air Force One, qu'il juge trop cher à "plus de quatre milliards de dollars". 


Et avant Noël, le président américain n'avait pas hésité à mettre sous pression le constructeur aérien Lockheed Martin... par de simples tweets causant un effondrement boursier, qui a poussé la direction du groupe a réagir en promettant une diminution des coûts de production du F-35.

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