VIDÉO - Tout comprendre à la disparition du San Juan, le sous-marin argentin

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QUE PASSA ? - Vous n'avez pas suivi l&a dramatique affaire concernant le sous-marin disparu avec les 44 membres de son équipage au large des côtes argentines ? LCI vous explique point par point le déroulement de l'enquête et les causes de cette disparition.

À 7h30 locales mercredi 15 novembre, le San Juan a donné sa dernière communication. Depuis, aucune nouvelle, et les derniers espoirs de retrouver les survivants se sont envolés depuis que la Marine argentine a annoncé ce jeudi 30 novembre qu'elle mettait officiellement fin à ses opérations de recherche d'éventuels survivants. Ce sous-marin de l'armée argentine, qui mesure 66 mètres de long et 15 mètres de haut, était parti en mission de surveillance pour 35 jours entre Ushuaia et Mar del Plata, sur la côte Atlantique à l'est de l'Argentine.  Le San Juan, un submersible construit en Allemagne en 1985  et à propulsion diesel électrique, avait été remis en état en 2014, et constitue l'un des trois sous-marin de la flotte argentine. 


Les recherches, qui s'ont poursuivies au-delà du 7e jour de réserves en oxygène, n'ont donc pas permis de détecter le bâtiment naval. Mais si les autorités ont acté la mort de l'équipage, elles continueront à rechercher le submersibles lui-même. Les indices de présence du sous-marin n’ont finalement provoqué que de faux espoirs. Dans un premier temps, la Marine a fait état de fusées éclairantes blanches aperçues d'un avion mais celles du San Juan sont de couleur rouge ou verte. Un canot de sauvetage a également été repêché mais il ne provenait finalement pas du sous-marin. Des bruits détectés par le sonar de deux navires ne provenaient pas non plus du San Juan, ainsi que les sept appels reçus la semaine dernière par des bases navales argentines, considérés comme des appels de détresse du sous-marin.

Les hypothèses

Lundi dernier, la marine argentine a révélé que le sous-marin militaire avait signalé une avarie avant que la communication ne coupe. Une information qui, dans un premier temps, avait été passée sous silence par les autorités.  Le chef de la base navale de Mar del Plata Gabriel Galeazzi lors d’une conférence de presse a finalement déclaré que "le bâtiment était remonté à la surface et qu'il avait fait état d'une avarie, le commandement lui a alors dit de changer de cap et de faire route vers Mar del Plata", précisant qu’il s’agissait d’"un problème de batteries, un court-circuit".


C'est une anomalie hydroacoustique entendue quelques heures après la dernière communication avec le sous-marin argentin porté disparu qui a permis de comprendre ce qu'il s'est réellement passé. Les analyses réalisées en Autriche de cette anomalie ont conclu à "événement violent en rapport avec une explosion".  Une information confirmée jeudi dernier par le porte-parole de la marine argentine, Enrique Balbi.

La mobilisation

Depuis la disparition du San Juan , un effort national et international de grande ampleur a été déployé. Environ 30 navires et avions et 4.000 personnes de 13 pays,dont l'Argentine, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Chili et le Brésil, participent aux recherches du San Juan.  


Les États-Unis ont fourni un avion sophistiqué de la NASA, deux véhicules submersibles sans pilote dotés d'un puissant sonar tridimensionnel et l'avion Poseidon P8A, le plus moderne de sa marine équipé d'éléments de communication et de capteurs à la pointe de la technologie.


Le navire polaire anglais "HMS Protector", qui croise du sud au nord sur la route que doit emprunter le sous-marin, est également présent, tandis qu'un navire océanographique argentin fait le trajet inverse. Pour sa part, le Brésil a fourni trois navires et deux avions de patrouille. Un antisubmarine P3 du Chili est également utilisé. 

La Russie a annoncé l'envoi d'un navire océanographique disposant d'équipements permettant d'"effectuer des recherches à une profondeur allant jusqu'à 6.000 mètres" grâce notamment à deux sous-marins miniatures.

La polémique

La perte du sous-marin militaire a déclenché en Argentine une polémique sur la gestion de l'affaire, des tensions s'exacerbent entre la Marine, le gouvernement et les familles des marins.


Tandis que les partisans du président argentin Mauricio Macri etl'opposition péroniste de l'ex-présidente Cristina Fernandez se reprochent mutuellement d'avoir réduit, ou pas assez augmenté, le budget de l'armée, la Marine argentine, mal-aimée pour son rôle durant la dictature  de 1976 à 1983 ainsi que dans le fiasco de la guerre des Malouines , est prise dans un déluge de critiques. La presse argentine a annoncé vendredi que le gouvernement préparait une purge au sein de la Marine, afin de sanctionner des dysfonctionnements. Le ministre de la Défense argentin aurait très mal pris le fait d'apprendre dans la presse la disparition du sous-marin et aurait été informé avec cinq jours de retard d'une avarie dans les batteries à bord du sous-marin.  Le président argentin a exigé vendredi "une enquête sérieuse" pour connaître "la vérité". 

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