Accusations d'abus sexuels : Spotify retire R. Kelly de ses playlists, une première

Accusations d'abus sexuels : Spotify retire R. Kelly de ses playlists, une première

TIME'S UP - Le géant du streaming musical Spotify annonce avoir retiré de ses playlists, jeudi 10 mai, le chanteur R.Kelly accusé de multiples abus sexuels et exposé par le mouvement Time's Up.

Du jamais vu. Le géant du streaming musical Spotify a annoncé jeudi 10 mai retirer de ses playlists les chansons de l'artiste américain R. Kelly. Une décision qui intervient après que l'artiste a été exposé par le mouvement Time's Up, qui appelle à "couper les ponts" avec le chanteur accusé d'abus sexuels depuis plusieurs années.


Selon le New York Times, le groupe suédois aurait pris les mêmes mesures pour le rappeur américain XXXTentacion, déjà condamné pour agression et en attente d'un procès notamment pour agression aggravée d'une femme enceinte, mais sollicité par l'AFP au sujet de XXXTentacion, Spotify n'a pas donné suite.

Nouvelle charte de Spotify

Certes, en août 2017, Spotify avait déjà écarté de son service une vingtaine de groupes qualifiés de "haineux", lié au mouvement suprémaciste blanc ou aux néo-nazis. Mais cette-fois, c'est différent. Car la nouvelle charte de Spotify étend désormais le champ d'action à la vie privée des artistes, au-delà de leur oeuvre.


"Lorsqu'un artiste ou un créateur fait quelque chose de particulièrement nocif ou haineux (par exemple, de la violence envers les enfants ou de la violence sexuelle), cela peut changer la façon dont nous travaillons avec lui ou dont nous le soutenons", explique ainsi Spotify. La plateforme se défend néanmoins de "censurer du contenu en raison de la conduite d'un artiste ou d'un créateur. Mais nous voulons que nos décisions éditoriales - ce que nous choisissons de programmer - reflète nos valeurs". Très concrètement donc, il sera encore possible d'accéder aux titres de R. Kelly, mais ils n'apparaîtront plus dans les playlists générées par la plateforme, ni dans les propositions faites par Spotify aux utilisateurs sur la base d'algorithmes.

Des quasi-esclaves à domicile

R. Kelly, de son vrai nom Robert Sylvester Kelly, est accusé depuis plusieurs années d'abus sexuels, même s'il n'a jamais été condamné. Le chanteur et producteur de 51 ans, auteur du hit "I believe I can fly", avait été inculpé pour pornographie sur mineurs en 2002, mais finalement acquitté en 2008.

Selon une enquête publiée en juillet 2017 par le site d'informations Buzzfeed, le chanteur a aussi été accusé d'avoir des quasi-esclaves sexuelles à ses domiciles de Chicago et Atlanta, même si les allégations, démenties par le chanteur, n'ont débouché sur aucune inculpation. Une plainte a par ailleurs été récemment déposée contre lui auprès de la police de Dallas par une femme qui affirme qu'il l'a infectée d'une maladie sexuellement transmissible sans l'avoir prévenue qu'il en était porteur. Une enquête a été ouverte en avril.

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