Suicide assisté : le Danemark relance le débat, découvrez le témoignage d'une malade

DirectLCI
FIN DE VIE - Les sociaux-démocrates et les libéraux danois demandent à ce qu'un nouveau débat s'ouvre sur la fin de vie. Jusqu'ici, seul le parti écologiste était favorable à la mise en place du suicide assisté. Qu'en est-il en France ?

Le Danemark va-t-il autoriser le suicide assisté ? Plusieurs partis politiques du pays se penchent en tout cas sur la question. Illégale pour l'heure, la démarche pourrait néanmoins voir son statut juridique évoluer alors que plusieurs cas interpellent l’opinion.


Mais pour le moment, les médecins danois – à l’instar de leurs homologues français - sont seulement autorisés à ne pas succomber à l’acharnement thérapeutique ainsi qu’à tenter de contenir la douleur à l’aide de morphine. Le patient est aussi en droit de refuser un traitement, mais guère plus. Serment d’Hippocrate oblige, "tu ne provoqueras jamais la mort délibérément".  Le même texte, profession de foi des docteurs occidentaux depuis des siècles, précise néanmoins une autre attribution qui incombe au spécialiste :  "Je ferai tout pour soulager la souffrance." Alors, que faire quand la mort se révèle être la seule solution contre une douleur trop grande ? Epineux problème s’il en est. 


"Ce n'est pas une vie"

Epineux, mais pas pour Mathilde Gerby, 37 ans. Cette Danoise est atteinte de mucoviscidose. Elle se dit prête à faire face à la mort, mais à une condition : que ce dernier voyage se fasse par suicide assisté, et non en laissant gagner la maladie. "J’ai du mal à respirer, explique-t-elle, à reprendre mon souffle. Je vais m’étouffer jusqu’à la mort, petit à petit. Et c’est ainsi que ma vie va se terminer. Je ne veux pas que cela se passe ainsi. Ce n’est pas une vie. Etre incapable d’aller aux toilettes, de se laver… être incapable de manger". 


Mais jusqu’ici, cette mère de famille devait se heurter au droit danois. Tous les partis politiques du pays, à part les écologistes d’Alternativet, souhaitaient maintenir l’interdiction du suicide assisté. Aujourd’hui, sociaux-démocrates et libéraux demandent une révision de la loi. Un débat sur la question qui, chez nous non plus, n’est pas nouveau. 


Quid de la France ?

Dans notre pays et depuis 2005, c’est la loi Leonetti qui encadre la fin de vie.  Un texte qui ne va pas assez loin, pour certains, déjà trop, pour d’autres. S’il permet aux médecins de ne pas "s’obstiner de manière déraisonnable" ou encore de devoir respecter la volonté d’un patient qui souhaite arrêter un traitement, il n’est en aucun cas question de suicide assisté tel qu’il est pratiqué, par exemple, dans le Benelux ou en Suisse. 


En 2011, un projet de loi sur "l’assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur" - autrement dit l’euthanasie – a bien été présenté mais rejeté par le Sénat. Durant sa campagne de 2012, François Hollande avait quant à lui évoqué un projet de loi qui viendrait élargir la loi Leonetti. C’est chose fait depuis le 27 janvier dernier lorsque le Parlement a adopté une proposition de loi PS-LR qui accorde aux personnes en fin de vie de nouveaux droits. Un texte consensuel décrit comme une "étape", mais qui ne parvient ni à satisfaire les partisans de l’euthanasie, ni ses détracteurs.  Et encore moins les malades. 


Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter