Swissleaks : des financeurs de Ben Laden avaient un compte chez HSBC

Swissleaks : des financeurs de Ben Laden avaient un compte chez HSBC

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TERRORISME - Plusieurs noms du réseau de la "Chaîne d'Or", suspectés d'avoir financé l'organisation d'Oussama Ben Laden, ont conservé pendant plusieurs années un compte dans l'établissement éclaboussé par le scandale Swissleaks.

Du 11-Septembre aux révélations du scandale Swissleaks. Six mois après les attentats de New York, les enquêteurs américains travaillent à démanteler le réseau financier d’Oussama ben Laden. En mars 2002, ils lancent un raid au sein de la Fondation internationale de bienfaisance, à Sarajevo. Sur les disques durs saisis, ils découvrent un dossier intitulé "L’histoire d’Oussama". L’un des fichiers numérisés dévoile une liste de vingt noms en arabe, soit les supposés plus grands donateurs d’Al-Qaida. Ils baptiseront ce réseau de financement du terrorisme "Golden Chain" (la Chaîne d’or).

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Treize ans plus tard, les journalistes et enqueteurs qui ont eu accès à la liste d'exilés fiscaux de l'informaticien Hervé Falciani , retrouvent les noms de supposés donateurs membres de la "Chaîne d'or". "Ces personnes ont financé Al-Qaida et, ainsi, donné une assise à cette organisation terroriste", commente l’ancien agent de la CIA Michael Scheuer au Monde . Le rapport de la Commission du 11-Septembre, aux Etats-Unis, se réfère également à cette liste. Il évoque un "réseau de soutiens financiers" de Ben Laden.

Derrière cette liste se cachent des grands décideurs des États du Golfe, à l'influence économique et politique très importante. Mais aussi des "cheikhs" et des "princes" qui font la Une des magazines d’affaires et apparaissent dans les fiches en tant que gestionnaires ou propriétaires de grands conglomérats mondiaux.

"La banque n’avait qu’à lire les journaux"

Le quotidien suisse Tages Anzeiger qui a publié l'histoire, considère que HSBC pouvait difficilement ne pas être au courant des liens présumés de ses clients avec le terrorisme, précisant que "la banque n’avait qu’à lire les journaux". En 2003, le nom d'un Saoudien à la tête d'un conglomérat apparaît dans une enquête du Sunday Times consacrée à la "Chaîne d'Or". Un dilemme pour la banque puisque le nom de son client n'apparaît pas sur la liste de l'anti-terrorisme.

Or, il se trouve que les comptes du conglomérat étaient encore actifs en 2006-2007, plus de quatre ans après la découverte de la "Chaîne d'Or" par les autorités américaines. Dans les documents de la banque figure aussi le nom d’un ancien membre du directoire de l’International Islamic Relief Organization, une organisation humanitaire présumée proche d’Al-Qaida, relate Le Monde. Cet homme serait également un des fondateurs de Sana Bell, une fondation américaine soupçonnée de financer le terrorisme. Mais cela n’a pas empêché HSBC de faire affaire avec lui. 

Le Tages Anzeiger explique qu'il existe "au moins trois cas où il s'avère que HSBC a poursuivi la relation bancaire avec des clients soupçonnés publiquement d'avoir financé le terrorisme".

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