Syrie : 100 civils tués en une journée dans la Ghouta, du jamais-vu depuis 2015

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SYRIE - Au moins 100 civils, dont 20 enfants, ont été tués lundi 19 février dans des bombardements sur la Ghouta orientale près de Damas, selon l'OSDH. Des raids qui laissent présager d'une offensive terrestre pour reprendre le contrôle sur cette enclave stratégique.

Reprendre la Ghouta à tout prix. L'armée syrienne a violemment bombardé cette enclave rebelle située près de Damas, tuant dans la seule journée du lundi 19 février une centaine de civils. Un carnage sans précédent dans cette région depuis trois ans.


Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ce bilan de 100 civils tués – dont 20 enfants – est en effet le plus lourd dans cette zone depuis 2015. Quelque 300 personnes ont également été blessées dans les bombardements de l'artillerie et de l'aviation, au lendemain d'un renforcement des positions du régime autour de l'enclave assiégée qui laisse entrevoir une offensive terrestre.

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BOMBARDEMENTS SUR LA GHOUTA

Pourparlers en cours

Une offensive préparée de longue date : le 5 février, l'armée avait déclenché une campagne aérienne de cinq jours d'une intensité inédite sur la Ghouta, faisant environ 250 morts parmi les civils et des centaines de blessés. Deux groupes rebelles islamistes contrôlent la majorité de la Ghouta orientale, mais des djihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham sont également présents dans quelques poches, dont l'une adjacente à Damas. Des pourparlers sont en cours pour évacuer certains d'entre eux, selon l'OSDH et le quotidien syrien Al-Watan.


Pour l'armée, ces représailles ont pour objectif de mettre fin aux tirs, parfois meurtriers, d'obus et de roquettes des rebelles sur la capitale. Quelque six roquettes se sont abattues sur Damas ce dimanche soir, selon un correspondant de l'AFP. Une personne a été tuée par ces tirs, a rapporté l'agence de presse officielle syrienne SANA.


Si la lutte contre ces groupes est la priorité du régime de Damas, les civils n'ont pas à en faire les frais. C'est en substance le message de l'ONU ce mardi : les bombardements de civils "doivent cesser maintenant", a déclaré le coordinateur pour l'aide humanitaire en Syrie, Panos Moumtzis. "La situation humanitaire des civils dans la Ghouta orientale est totalement hors de contrôle. Il est impératif de mettre fin immédiatement à cette souffrance humaine insensée", a martelé ce dernier.

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