Syrie : selon Moscou, 20.000 civils auraient quitté Alep en une journée

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CONFLIT - L'offensive des forces gouvernementales syriennes à Alep reprendra dès que les civils auront été évacués des derniers secteurs tenus par les rebelles dans l'est de la ville, a annoncé ce samedi le ministère russe de la Défense, d'après les agences de presse russes. Pour la seule journée de samedi, 20.000 civils auraient déjà quitté la ville.

Selon l'agence de presse russe Interfax, qui cite le ministère russe de la Défense, 20.000 civils ont quitté Alep-Est depuis le début de la journée de samedi et 1200 rebelles ont déposé les armes. "Les habitants quittent en flot continu (les quartiers insurgés) grâce aux couloirs humanitaires pour se rendre dans la partie de la ville contrôlée par le gouvernement", a déclaré un peu plus tôt le porte-parole du ministère, Igor Konachenkov devant la presse. 


Mais la bataille pour Alep est loin d'être terminée. Devant la presse, la voix du Kremlin a expliqué que l'offensive des forces gouvernementales syriennes à Alep reprendrait dès que les civils auront été évacués des derniers secteurs tenus par les rebelles dans l'est de la ville. 


Les forces fidèles au président syrien Bachar al Assad contrôlent désormais 93% de l'ensemble de la ville d'Alep, a ajouté Igor Konachenkov. Moscou répondait ainsi à l'adoption vendredi par l'Assemblée générale des Nations unies d'une résolution non contraignante réclamant une trêve immédiate en Syrie, un accès à l'aide humanitaire et la fin de tous les sièges. De son côté, l'armée syrienne avait déjà indiqué, ce vendredi, qu'elle n'avait aucune intention de suspendre son offensive après avoir repris en un mois d'intenses bombardements la plus grande partie des quartiers d'Alep-Est, dont la Vieille ville.  

"Crimes contre l'humanité"

 

Jeudi 8 décembre, Moscou avait suscité la surprise en annoncant  l'arrêt des raids aériens et des tirs d'artillerie de l'armée syrienne sur les quartiers rebelles, une mesure censée assurer l'évacuation de milliers de civils. "Il va y avoir une colonne d'évacuation de 8.000 personnes", a déclaré Sergueï Lavrov, en marge d'une réunion de l'OSCE à Hambourg. Une mesure qui n'a pas été commentée par Damas. Le lendemain, de nouveaux tirs du régime ont frappé les quartiers rebelles d'Alep, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. 

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Lors d'une conférence internationale sur la Syrie à Paris, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a déclaré que les forces armées syriennes qui bombardent la ville d'Alep sont responsables de "crimes contre l'humanité" et de "crimes de guerre". "Le bombardement aveugle par le régime viole le droit international et dans beaucoup de cas (représente) des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et doit cesser", a martelé le chef de la diplomatie américaine lors d'une conférence de presse avec ses homologues français, allemand et qatari qui ont réuni une dizaine de pays pour tenter de trouver un règlement en Syrie.


Alep est le principal front du conflit qui a fait depuis mars 2011 plus de 300.000 morts et poussé à la fuite plus de la moitié de la population syrienne. Depuis le début de l'offensive à Alep, 384 civils ont été tués, dont au moins 45 enfants, à Alep-Est, selon l'OSDH. 105 civils, dont 35 enfants, l'ont été à Alep-Ouest, qui est toujours resté sous contrôle gouvernemental depuis le début de la guerre.

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