A Alep, les bombardements ont repris ce matin : "Cela ne s'arrête pas, c'est de plus en plus fort"

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TÉMOIGNAGE - Alors que la 2e ville de Syrie est quasiment tombée aux mains du régime de Bachar al-Assad, Zouhir Alshimale, journaliste indépendant basé à Alep-est, la zone rebelle, nous donne régulièrement un aperçu de la situation. Et il confirme à LCI qu'après la courte trêve de la nuit dernière, les bombardements ont repris ce mercredi en fin de matinée. De nombreux civils sont encore sur place.

En fond sonore, des explosions. Zouhir Alshimale, journaliste syrien indépendant, se trouve encore, ce mercredi 14 décembre, dans l'un des derniers quartiers rebelles d'Alep-est. Alors que le régime de Bachar el-Assad et ses alliés sont en train de reprendre la ville progressivement, il a témoigné en milieu d'après-midi pour LCI, par Skype, de la situation autour de lui.


Après une courte trêve cette nuit, les bombardements ont repris de plus belle dès la fin de la matinée. "Nous avons attendu les secours jusqu’à 11 heures ce matin mais nous n’avons eu aucune nouvelle" nous dit-il. "Puis, vers midi, les attaques ont vraiment repris, de plus en plus fort, dans les derniers quartiers encore tenus par les opposants à Bachar al-Assad. Elles ont causé beaucoup de blessés et de morts. Nous ne savons pas encore combien car nous ne pouvons pas sortir dans la rue."

"Des attaques ont frappé notre rue"

"A l’heure où je vous parle", poursuit-il, "il y a beaucoup de bombardements aériens, cela ne s’arrête pas depuis 11 heures ce matin, il est à présent 16 heures (ndlr : il était alors 15h, heure française). Ça fait 5 heures que ça dure... et ça se rapproche. Pour être honnête, nous sommes vraiment choqués. Nous attendons que des associations viennent pour aider à évacuer les derniers quartiers. Mais rien ne se passe." 


Avec lui dans l'appartement où il est réfugié, se trouvent beaucoup de familles et d'enfants. "Nous nous sommes débrouillés pour avoir un peu de nourriture avec nous. Mais nous mangeons peu en réalité. Moi, je n'ai pas mangé depuis hier. On ne peut pas sortir de toute façon", poursuit-il. "Des attaques ont frappé notre rue. J’avais un grand miroir, il est brisé. Mes fenêtres sont aussi endommagées en raison des explosions. Dehors, il y a beaucoup de ruines après les attaques qui ont frappé ma rue ces dernières heures."

La commission d'enquête parle d'exécutions sommaires

De son côté, la commission d'enquête sur la Syrie, créée par l'ONU, signale "de nombreuses informations sur des violations perpétrées par des forces pro-gouvernementales, notamment des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires". Et ajoute que "des groupes rebelles empêcheraient des civils de quitter les quartiers assiégés d'Alep-Est et s'en serviraient comme boucliers humains".

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