Syrie : après la défaite de Homs, les rebelles ont-ils perdu la guerre ?

Syrie : après la défaite de Homs, les rebelles ont-ils perdu la guerre ?

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CONFLIT – Les derniers rebelles quittent la ville de Homs, leur bastion symbolique depuis le début du conflit, après un accord conclu avec le régime. Un succès pour les loyalistes, à un mois de la réélection attendue de Bachar al-Assad. Cela signifie-t-il pour autant que les rebelles ont perdu la guerre ?

Ils la surnommaient la "capitale de la révolution". Au moins 80% des rebelles syriens ont quitté la ville de Homs , à la suite d'un accord avec le régime. C'est ici que débuta la rébellion armée, après le soulèvement populaire de mars 2011. Alors pour les combattants, cette retraite est très difficile à avaler. En revanche, elle a un goût de victoire pour Bachar Al-Assad, à un mois de la présidentielle Au terme d'un processus obtenu après un accord inédit, son armée pourra reprendre le contrôle du Vieux Homs et de ses environs.

Les images des combattants, sacs sur le dos et fusil en bandoulière, quittant la ville à bord de bus, ont des allures de défaite. Pourtant, à en croire certains, le combat est loin d'être terminé. Abou Bilal, un militant qui s'apprêtait à quitter la Vieille ville de Homs, a assuré à l'AFP : "tant que je serai vivant, je poursuivrai le combat". De son côté, le chef de la Coalition nationale de l'opposition, Ahmad Jarba, qui devait rencontrer le président Barack Obama, a réclamé aux Etats-Unis des "armes efficaces" pour "changer l'équilibre des forces sur le terrain" en Syrie. Les deux parties pourraient ensuite œuvrer à une "solution politique", a-t-il dit.

"On ne sait pas encore qui va l'emporter"

Pour Naïm Kossayer, membre de la coalition de l’opposition syrienne, joint par Europe1.fr , l'accord conclu par les rebelles avec le régime est en fait un choix tactique. "Ils étaient complètement assiégés, sans ravitaillement en nourriture, en armes ou en munitions. Ils ont compris qu’ils ne gagneraient pas la bataille, encore moins la guerre en restant là. Ils ont négocié leur départ pour reprendre des forces et aller combattre ailleurs", explique ce Français né à Homs.

La défaite serait donc plus symbolique que militaire, pour les combattants. "Sur le rapport de force en revanche, la reprise de Homs souligne des lignes de fracture géographiques dans le conflit syrien, affirme Naïm Kossayer. Au centre, les loyalistes dominent. Au nord et au sud, ce sont les rebelles. Reste un nouveau front qui vient d’être ouvert par les révolutionnaires sur la côte, on ne sait pas encore qui va l’emporter."

Ce qui s'est passé à Homs est "surtout une défaite pour la communauté internationale", résume Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l'homme. "Il y a eu une résistance légendaire malgré deux ans de siège et en dépit de tout ceci, la communauté internationale n'a rien fait".

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