Syrie : Assad multiplie les attaques au chlore

International
GUERRE - Déjà pointé du doigt par un rapport de l'Onu publié fin août, le régime de Bachar Al-Assad est une nouvelle fois accusé d'avoir utilisé mardi du chlore contre un quartier rebelle à Alep. Toxique et dégageant une odeur suffocante, le chlore n'est cependant pas répertorié spécifiquement comme une arme chimique.

Le régime de Bachar Al-Assad est une nouvelle fois accusé d'utiliser des produits chimiques en Syrie contre sa population. Des membres de la protection civile syrienne (groupe de secouristes volontaires) affirment en effet que des barils d'explosifs, dont certains contenaient du chlore, ont été largués mardi au-dessus du quartier rebelle de Soukkari, à Alep. De nombreux cas de suffocations ont été recensés. 


L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée à Londres, abonde dans ce sens.  "Des hélicoptères du régime ont jeté des barils d'explosifs sur Soukkari et il y a eu plus de 70 cas de suffocation", affirme Rami Abdel Rahmane, son directeur, sans pouvoir dire néanmoins à cause de quel gaz les personnes avaient été asphyxiées. Des militants anti-régime d'Aleppo Media Center confirment eux la version des barils de chlore, vidéo à l'appui. Outre sa toxicité, le gaz de chlore a pour effet de dégager une odeur suffocante très forte, empêchant de respirer normalement.

La destruction de l'arsenal chimique syrien ne concernait pas le chlore

Début 2014, Assad avait accepté sous la pression internationale d'éliminer l'ensemble de son stock d'armes chimiques et les équipements annexes après une attaque au gaz sarin survenue le 21 août 2013 près de Damas. Celle-ci avait fait des centaines de victimes. En janvier dernier, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) avait annoncé que l'arsenal était détruit. 


Une mesure qui a pris du temps et qui n'a semble-t-il pas empêché le régime syrien de trouver d'autres moyens  pour frapper la population rebelle avec des produits chimiques. Les soldats du régime auraient donc remplacé les armes chimiques utilisées il y a quelques années pour du chlore. Cette substance n'est pas répertoriée comme une arme chimique proprement dite puisqu'elle est  utilisée également pour des raisons industrielles.  Avant celle de mardi, plusieurs rapports, dont un de l'Onu publié fin août, avaient fait état d'attaques menées au chlore



Á la suite des conclusions de ce rapport des Nations unies,  le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, avait affirmé qu'il appartenait au Conseil de sécurité de prendre ses responsabilités, face à "l'utilisation d'armes chimiques que les autorités syriennes s'étaient engagées à proscrire".  Des passes d'armes sont attendues prochainement à l'ONU, entre les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne d'un côté, la Chine et la Russie, deux soutiens affichés de Damas, de l'autre, pour valider ou non une résolution visant à contraindre la Syrie par la force, conformément au chapitre 7 de la charte de Nations unies. 

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