Syrie : Ayrault dénonce les "mensonges" d'Assad, selon qui l'attaque chimique de Khan Cheikhoun est "une fabrication"

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Frappes américaines en Syrie

SYRIE - Dans une interview à l'AFP, Bachar Al-Assad affirme s'être débarrassé de tout son arsenal chimique et que l'attaque de Khan Cheikhoun, qui a fait 87 morts la semaine dernière, est une "fabrication à 100%" qui a servi de "prétexte" aux Américains pour justifier leurs frappes. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, dénonce les "mensonges" et le "cynisme" du président syrien.

Plus d'une semaine après le bombardement à l'arme chimique de la ville syrienne de Khan Cheikhoun, le 4 avril, qui a fait 87 morts selon le directeur de la santé de la province, le président syrien Bachar Al-Assad a donné sa version de l'histoire. Il nie toute attaque de l'armée syrienne ainsi que l'existence de stocks d'armes chimiques. 

"Nous ne possédons pas d'armes chimiques (...) Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal (...) Et même si nous possédions de telles armes, nous ne les aurions jamais utilisées", a-t-il déclaré dans cet entretien à l'AFP. Quant à l'attaque en elle-même, le chef d'État syrien affirme qu'il s'agit "d'une fabrication à 100%". Et d'ajouter que "notre impression est que l'Occident, principalement les Etats-Unis, est complice des terroristes et qu'il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte à l'attaque" menée par les États-Unis sur une base aérienne syrienne le 7 avril.

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Attaque chimique en Syrie : les Etats-Unis assurent avoir des preuves de l'implication de Bachar al-Assad

"Notre puissance de feu, notre capacité à attaquer les terroristes n'a pas été affectée par cette frappe", a aussi précisé le président Al-Assad à propos de cette frappe américaine, la première qui visait des installations du régime depuis le début du conflit syrien.

Bachar Al-Assad affirme également qu'il n'acceptera qu'une enquête "impartiale" : "Nous allons oeuvrer (avec les Russes, précise l'AFP) en vue d'une enquête internationale. Mais elle doit être impartiale. Nous ne pouvons permettre une enquête que si, et seulement si, elle est impartiale et en nous assurant que des pays impartiaux y prendront part pour être sûrs qu'elle ne sera pas utilisée à des fins politiques."

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"Les États-Unis ne sont pas sérieux (dans la recherche) d'une solution politique quelconque", a enfin déclaré le président syrien. "Ils veulent utiliser le processus politique comme un parapluie pour les terroristes."

L'attaque chimique en Syrie est un "crime de guerre", a de son côté jugé jeudi la diplomatie américaine en dénonçant le contenu de cet entretien exclusif qu'a accordé le chef de l'Etat syrien à l'AFP. "Malheureusement, c'est du Assad typique. Il tente de balancer des fausses informations, de semer la confusion", a condamné le porte-parole du département d'Etat Mark Toner.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a employé le même ton vendredi matin. "J’ai pris connaissance de cette interview avec une profonde tristesse et une grande consternation (...) Ce que j’ai entendu, c’est 100% de mensonge et de propagande. C’est 100% de cruauté et de cynisme", a-t-il réagi lors d'une visite officielle à Pékin. "La réalité, c’est plus de 300.000 morts c’est 11 millions de personnes déplacées ou réfugiées (...) c'est un pays détruit. C’est ça la réalité. Ce n’est pas un fantasme", a-t-il martelé.

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