Syrie : ces djihadistes menacés de mort par Daech pour avoir voulu rentrer chez eux

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MOYEN-ORIENT - Une trentaine de Britanniques partis combattre en Syrie auraient été menacés de mort par Daech après avoir tenté de déserter les rangs du groupe djihadiste. Un phénomène qui toucherait de nombreux "volontaires" venus soutenir la rébellion syrienne, selon l'anthropologue Dounia Bouzar.

Les volontaires partis combattre en Syrie et en Irak seraient nombreux à tenter de rentrer chez eux. Et parmi eux, des Britanniques auraient été menacés de mort par l'organisation islamiste Daech. C'est ce que révélait samedi le magazine britannique The Observer sur la base d'un témoignage de Moazzam Begg, un ancien détenu de Guantanamo devenu activiste des droits de l'Homme, qui a gardé des liens avec les mouvements djihadistes.

"Il y a beaucoup de gens qui veulent revenir. Ils étaient à peu près trente en janvier. Mais ce nombre a certainement augmenté depuis", confie celui-ci à l'Observer. Certains de ces "djihadistes" auraient été faits prisonniers par le groupe armé Daech, qu'ils avaient rejoint après avoir soutenu la rébellion contre le régime de Bachar Al-Assad. Le journal ne précise cependant pas s'ils sont toujours menacés. "Daech s'est renforcé. Si vous désobéissez après avoir prêté allégeance, vous pouvez faire l'objet de sanctions disciplinaires comme des menaces de mort ou la peine de mort", ajoute Moazzan Begg.

Retour en France

Tous ne sont pas partis en Syrie pour soutenir Daech. "La grande majorité y sont allés pour combattre les forces de Bachar Al-Assad et sauver le peuple syrien", assure à metronews Dounia Bouzar, anthropologue et auteure du livre Ils cherchent le paradis, ils ont trouvé l'enfer (Editions de l'Atelier, 2014). "Certains ont été séquestré après qu'ils se sont rendus compte qu'ils s'étaient fait berner. Et je suis sûre que Daech a resserré sa surveillance contre eux".

Parmi les Français partis combattre en Syrie, "quelques-uns ont réussi à s'enfuir et à rentrer chez eux", affirme Dounia Bouzar. Ce serait le cas d'un homme de 25 ans soupçonné d'avoir rejoint Daech fin 2013 et interpellé à Strasbourg en mai . Il affirme avoir été séquestré et torturé en Syrie parce qu'il refusait de s'entraîner avec des groupes armés, et a porté plainte contre X . "Tout le défi consiste à savoir pour quelles raisons ces jeunes partent là-bas, lance Dounia Bouzar. Mais en France, les juges travaillent beaucoup pour faire la différence entre vraie responsabilité et embrigadement". De quoi donner envie à ceux partis en Syrie de revenir au pays ?

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