Syrie : cinq questions pour mieux comprendre le cessez-le-feu

Syrie : cinq questions pour mieux comprendre le cessez-le-feu

TRÊVE – Un cessez-le-feu conclu avec la plupart des parties prenantes au conflit syrien a été annoncé pour ce jeudi minuit. Plusieurs éléments laissent espérer que la trêve sera respectée. Pour autant, les combats ne vont pas cesser.

L’annonce a été faite par Vladimir Poutine en personne. Elle est qualifiée "d'opportunité historique" par le président turc Recep Tayyip Erdogan. Un cessez-le-feu ayant reçu, outre la Russie, l’appui du régime de Bachar al-Assad, de la Turquie mais aussi de  la Coalition nationale syrienne (CNS), principale formation de l’opposition en exil, doit intervenir ce vendredi à partir de 0h en Syrie. 

Est-ce la fin des combats ? 

Le poids des parties prenantes à la trêve dans le conflit syrien laisse espérer une diminution importante des combats dans les zones les plus meurtries du pays. Ainsi, sept groupes rebelles, parmi lesquels le puissant Ahrar al-Cham, comptant 62.000 rebelles armés, ont donné leur accord au cessez-le-feu avec le régime de Damas. S’il est respecté, celui-ci devrait se faire notamment ressentir dans la région  d’Idlib, au sud-ouest d’Alep (nord de la Syrie), toujours aux mains de factions rebelles dont certaines sont appuyées par Ankara. Néanmoins l’accord ne concerne ni le groupe Etat islamique (EI) ni le Front al-Nosra, l'ex-branche syrienne d'al-Qaïda rebaptisée Fateh al-Cham, qui sévit notamment dans la région d’Idlib. 

En vidéo

Syrie : accord de cessez-le-feu sous l'égide d'Ankara et Moscou

Lire aussi

Où les combats devraient-ils se poursuivre ? 

Les combats opposant notamment l’armée régulière syrienne et les combattants de l’Etat islamique devraient sans nul doute se poursuivre dans les zones contrôlées par l’organisation djihadiste. Au-delà de Raqqa, son fief, l’Etat islamique a récemment intensifié son action autour de la ville de Homs, près de la frontière libanaise (est de la Syrie) et a repris, il y a moins de trois semaines, la cité historique de Palmyre, à quelque 160 kilomètres de là, à l’est. Si la trêve est respectée entre les factions rebelles et le régime de Damas, les combats pourraient s’intensifier contre le groupe Etat islamique. Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’aviation russe a ainsi frappé l’organisation terroriste à Al-Bab, au nord-est d’Alep, ont rapporté des sources militaires à l’agence de presse turque Dogan. Une première dans cette ville. 

Quelle incidence pour Alep ?

Après d’intenses combats et au prix d’un drame humanitaire, l’ancienne capitale économique de la Syrie, tombée en partie aux mains des insurgés en 2012, a été reprise par le régime syrien le 22 décembre. Ce dernier, soutenu par Moscou, en faisait une priorité dans sa lutte contre les insurgés. Le réchauffement des relations russo-turques a permis de signer récemment un cessez-le-feu spécifique pour la ville à moitié détruite. Toutefois des zones situées dans la campagne d’Alep continuent d’être sous influence rebelle, rappelle Le Monde, et pourraient à ce titre être le théâtre de nouveaux combats malgré la trêve. 

Lire aussi

Ce cessez-le-feu peut-il tenir ?

Les nombreux cessez-le-feu annoncés mais non suivis d’effets depuis l’éclatement du conflit en Syrie ont de quoi laisser perplexe quant à la réussite de cette nouvelle trêve. Néanmoins, à l’approche des négociations de paix qui devraient se tenir prochainement à Astana, la capitale du Kazakhstan, les belligérants se doivent de faire montre de bonne volonté pour la réussite des pourparlers, prémisses à des négociations inter-syriennes sous l’égide de l’ONU prévues début février à Genève. "Nous commençons avec les Turcs et les Iraniens à préparer la rencontre d'Astana", a indiqué le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Ce dernier n’a toutefois pas précisé quels groupes de l'opposition participeraient aux pourparlers en face d'émissaires de Bachar al-Assad et sous le patronage de la Russie, de la Turquie et de l'Iran.

Un retrait russe en signe de gage ? 

Parallèlement à l’annonce du cessez-le-feu, le président russe a annoncé une "réduction" de son contingent militaire en Syrie qui va dans le sens de la trêve et peut appuyer celle-ci dans les rangs des groupes rebelles. Un retrait toutefois partiel, a souligné Vladimir Poutine, qui a prévenu que son pays allait "poursuivre absolument la lutte contre le terrorisme international" et "soutenir le gouvernement légitime syrien" dans cette lutte.

En vidéo

JT 20H – Cessez-le-feu en Syrie : quelles forces sont concernées ?

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Vladimir Poutine et Antonio Guterres appellent Israéliens et Palestiniens à arrêter les combats

Traque dans les Cévennes : paranoïaque, passionné d'armes... quel est le profil du fugitif ?

EN DIRECT - Covid-19 : la vaccination des 12-15 ans lancée aux États-Unis

Remontées mécaniques, parcs d'attractions, clubs libertins : les absurdités des réouvertures à venir

Israël sous le choc après la diffusion du lynchage d’un homme en direct à la télévision

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.