Syrie : comment Bachar al-Assad se prépare à un troisième mandat

Syrie : comment Bachar al-Assad se prépare à un troisième mandat

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GUERRE – Trois ans après le début de la guerre civile, dont le bilan s'élève à près de 140.000 morts, le régime syrien se prépare pour le scrutin présidentiel. Bachar al-Assad, qui serait prêt à rempiler pour un troisième mandat, élabore déjà sa stratégie.

Le clan Assad, qui dirige la Syrie depuis 40 ans, pourrait bien se voir accorder sept années de plus au pouvoir. Alors que le 15 mars prochain, le pays entrera dans sa troisième année de guerre civile, le président Bachar al-Assad se prépare à assurer un troisième mandat. Il ne s'en cache pas : élu une première fois en 2000 avec 97,29% des voix, ce dernier se voit bien rempiler à l'issue de l'élection présidentielle, prévue pour mai ou juin.

Après trois ans d'une guerre dévastatrice , 140.000 morts, 6,5 millions de déplacés, et 2,5 millions de réfugiés, l'homme veut se donner toutes ses chances. La "campagne" a donc déjà commencé. Mercredi, le président effectuait sa première apparition publique depuis janvier, s'affichant devant les médias du régime dans un centre de déplacés à Adra, dans la province de Damas. "L'Etat continuera de combattre le terrorisme et les terroristes qui ont déplacé les citoyens de leurs foyers et commis des crimes odieux", a-t-il alors assuré, s'en tenant ainsi toujours au même discours qui qualifie ses opposants de "terroristes".

Le régime pourrait verrouiller le scrutin

Des opposants qui comptaient bien sur la présidentielle pour le chasser du pouvoir. Pour la première fois, en effet, le scrutin aurait été libre, avec plusieurs candidats au choix. Mais c'était compter sans le régime de Bachar al-Assad. Selon un média syrien, en effet, le Parlement serait actuellement en train de discuter d'un projet de loi limitant sensiblement les possibilités de candidature pour la présidentielle. Le texte exigerait par exemple qu'un postulant réside dans le pays, ce qui exclurait de facto tous les opposants forcés de s'exiler à l'étranger. Comme les membres de la Coalition nationale syrienne, principale force de l'opposition, basée en Turquie. La voie semble toute tracée pour Bachar al-Assad.

Un horizon qui inquiète fortement la communauté internationale. Interrompues depuis la mi-janvier, les négociations de paix sont déjà dans l'impasse . Et pour le médiateur international en Syrie, Lakhdar Brahimi, l'élection présidentielle risquerait de "fermer la porte" aux pourparlers, affirme-t-il jeudi. L'opposition refuserait en effet certainement de revenir à la table des négociations. L'hypothèse d'une sortie de crise s'éloigne un peu plus, alors qu'aucune date pour la reprise des discussions n'a encore été fixée.

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