"On a entendu quelqu'un parler en arabe, qui disait 'Abou Mohamed rends-toi !'" : retour sur l'assaut pour capturer al-Baghdadi

"On a entendu quelqu'un parler en arabe, qui disait 'Abou Mohamed rends-toi !'" : retour sur l'assaut pour capturer al-Baghdadi
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TERRORISME - Le président américain a annoncé dimanche la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi lors d'une opération militaire américaine dans le nord-ouest de la Syrie. Récit.

"Il n'est pas mort comme un héros, il est mort comme un lâche" : c'est un récit détaillé que Donald Trump a livré à la presse dimanche, au moment d'annoncer la mort d'Abou Bakr al-Baghdadi. Le chef du groupe Etat islamique a décidé de se faire sauter avec un gilet d'explosifs au cours d'un raid, digne d'"un film", des forces spéciales américaines, dixit le chef de l'Etat américain.

C'est à la périphérie de Baricha, un petit village quasi-inconnu du nord-ouest de la Syrie situé à moins de cinq kilomètres de la frontière turque, que le "principal leader terroriste au monde" dixit Donald Trump se terrait. Depuis quand ? D'où venait-il ? Interrogé par la presse, le chef d'Etat s'est montré évasif. Le commandement militaire irakien s'est, lui, montré plus prolixe : celui-ci a publié un communiqué dévoilant l'existence d'une "section spécialisée", laquelle a "travaillé pendant un an" pour localiser le repaire" de Baghdadi. Cette entité a pu le localiser grâce à l'appel téléphonique de l'une de ses épouses, qui se trouvait avec lui. Un responsable irakien a ajouté que le renseignement irakien avait également exploité des informations obtenues auprès de deux femmes en détention dans le pays, l'une des épouses du chef djihadiste et la femme d'un de ses très proches collaborateurs.

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"Après, des forces parlaient une langue étrangère"

Informé par leurs homologues irakiens, les services américains ont rapidement organisé leur raid. Preuve de l'importance de l'événement, pas moins de huit hélicoptères ont été impliqués. Après avoir vraisemblablement décollés d'une base irakienne, ils ont survolé pendant "une heure et dix minutes" un territoire hostile, à l'aller et au retour, "la partie la plus dangereuse" de cette mission top secrète, selon Trump. Puis ils sont arrivés vers minuit à Baricha, selon le récit d'habitants du village. Très vite, des tirs se font entendre. "On a entendu quelqu'un parler en arabe, qui disait "Abou Mohamed rends-toi !", assure-t-il. "Après, des forces parlaient une langue étrangère".

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Les forces spéciales vont rester sur place près de trois heures. Une opération relativement longue, si on la compare avec l'assaut de 2011 visant Ben Laden, à savoir quarante minutes. A Bericha, Baghdadi n'est pas seul : plusieurs hommes, mais aussi deux femmes et des enfants l'accompagnent. Certains sont tués au cours d'échanges de tirs – il y a eu "un grand nombre de morts", s'est contenté d'affirmer Donald Trump - , notamment les deux femmes. Ces dernières portaient des gilets d'explosifs, qui n'ont pas été actionnés. D'autres ont été interpellés, si l'on en croit le récit d'habitants du village. "Les gens disent qu'ils ont emmené le propriétaire de la maison et avec lui une autre personne", a raconté l'un d'entre eux à l'AFP. Le "calife", lui, est difficile à atteindre : l'homme s'est enfui dans un tunnel, creusé sous la maison. Poursuivi par les chiens des forces américaines, il décide finalement d'actionner son gilet explosif, entraînant avec lui la mort des trois enfants se trouvant à ses côtés et provoquant l'effondrement du tunnel. Un accident qui a, peut-être, perturbé le travail des militaires américains. Ceux-ci parviennent néanmoins à atteindre la dépouille du terroriste, afin de prélever son ADN et l'authentifier. 

"Ils ont un fait un test sur place. Cela a été rapide", a raconté le président américain. "Nous avons vu l'opération avec beaucoup de clarté, c'était comme si vous regardiez un film". Le New York Times apporte néanmoins un bémol à ce récit, expliquant ce lundi que la connexion était coupée durant l'assaut dans les tunnels.  Avant de quitter les lieux, les Américains ont pris le temps de récupérer du matériel informatique. L'opération s'est terminée par un bombardement aérien, ont raconté des témoins. Et Donald Trump de "résumer" en trois mots l'opération : "C'était incroyable, c'était parfait, et c'était très compliqué".

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