Syrie : désespoir de paix à "Genève II"

Syrie : désespoir de paix à "Genève II"

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DIPLOMATIE - Après un an et demi d'atermoiements, la conférence sur la Syrie dite "Genève II" se tiendra à partir de mercredi en Suisse. Réunissant représentants du régime et de l'opposition, ainsi que de leurs alliés respectifs, elle ne devrait toutefois déboucher sur aucune avancée concrète.

C'est une première. Trois ans après le début du conflit syrien, des représentants de l'opposition et du régime de Bachar al-Assad vont enfin s'asseoir à une même table, à partir de mercredi en Suisse. Sous l'égide des grandes puissances, les émissaires de chaque camp seront priés d'avancer sur le chemin de la paix, tracé par les grandes puissances à Genève en juin 2012. Mais c'est un sur-place qui s'annonce.

"Genève II" ne devrait guère être "qu'une occasion de plus de constater les désaccords qui séparent l'Occident de Moscou et Téhéran, les principaux alliés de Damas", analyse pour metronews Fabrice Balanche, directeur du groupe de recherches sur la Méditerranée et le Moyent-Orient. Chacun a en effet une interprétation divergente du communiqué final de de la première conférence de Genève , qui appelait à la formation d'un gouvernement de transition ayant des "pleins pouvoirs exécutifs" : "Pour les Occidentaux, cela signifie évincer Bachar. Les Russes ne l'entendent pas comme ça".

Bachar en force, l'opposition désunie

Or, c'est en position de force que les représentants du président syrien arriveront en Suisse. "En annonçant qu'il se représenterait à l'élection présidentielle, Bachar a déjà donné le ton : il ne fera aucune concession. Et d'ailleurs, pourquoi en ferait-il, souligne le spécialiste. Il est en situation de force sur le terrain et il a les mains libres, maintenant que les Etats-Unis ont renoncé à tout idée d'intervention suite à l'accord sur les armes chimiques". En face, l'opposition se présente au contraire affaiblie par des divisions internes.

Dans ces conditions, que peuvent espérer l'ONU et les Occidentaux en chapeautant l'évènement ? "Ils veulent montrer que la diplomatie sert à quelques chose, qu'on ne reste pas les bras croisés face au désastre", diagnostique le chercheur. Depuis 2011, le conflit a déjà fait 130.000 morts et, si rien ne bouge d'ici à la fin de l'année, l'ONU prévoit que la moitié de la population sera déplacée. De ce point de vue, Genève II pourrait donc servir à obtenir quelques avancées dans le domaine humanitaire. Faute de paix…

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