Syrie : eau empoisonnée au diesel, l'ONU dénonce "un crime de guerre"

International

SABOTAGE - Les habitants de Damas sont à bout. En cause : le manque d'eau courante, conséquence des combats entre régime et rebelles pour le contrôle de la principale source d'eau alimentant la capitale syrienne. Une situation qui met à mal la trêve établie par Moscou et Ankara.

L'ONU a dénoncé ce jeudi comme un "crime de guerre" la privation d'eau potable qui touche durement Damas. "Le sabotage et la privation d'eau sont évidemment un crime de guerre, car ce sont les civils qui la boivent et ce sont des civils qui seront touchés par des maladies si elle n'est pas rétablie", a affirmé à Genève, Jan Egeland, chef du groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire en Syrie.

Selon l'ONU, les 4 millions d'habitants de la capitale syrienne sont privés d'eau depuis le 22 décembre, conséquence des affrontements à Wadi Barada, à 15 km au nord-ouest de Damas qui mettent à mal l'entrée en vigueur de la nouvelle trêve établie par la Russie et la Turquie.

 "Des combats se poursuivent entre les troupes du régime et son allié du Hezbollah libanais d'un côté et des groupes rebelles et des combattants de Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) de l'autre", a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Voir aussi

Eau contaminée au diesel

Wadi Barada, un secteur clé rebelle où se trouvent les principales sources d'approvisionnement en eau potable pour la capitale et ses environs, est la cible depuis plusieurs jours des forces prorégime qui tentent de s'en emparer. Celles-ci ont lancé mercredi 4 janvier "des dizaines de frappes aériennes et tiré à l'artillerie sur des secteurs de Wadi Barada, tuant un secouriste", selon l'OSDH.

Le régime accuse les rebelles de "contaminer au diesel" les réserves d'eau et de couper le réseau d'approvisionnement vers Damas. Il soutient aussi que le groupe djihadiste Fateh al-Cham, exclu de la trêve, est présent à Wadi Barada, ce que nient les insurgés qui affirment que les bombardements du régime ont détruit les infrastructures. 

Les habitants, eux, sont à bout : "On se plaignait avant des coupures d'électricité, mais maintenant on s'aperçoit que c'est rien comparé à l'absence d'eau potable car l'eau c'est la vie", affirme Faez, un employé municipal de 50 ans. "Je n'ai pas pu prendre de douche et faire de lessive depuis une semaine. Je préfère garder le peu d'eau qu'il y a dans mon réservoir pour la cuisine et la vaisselle", déclare, de son côté, Riham, une employée de 49 ans, habitant Doumar, un quartier du nord de Damas.

Conséquence du manque d'eau durement ressenti par la population à Damas, les prix de l'eau minérale ont flambé. En une semaine le prix d'un pack de six bouteilles d'eau d'1,5 litre a quasiment doublé passant de 650 livres syriennes (1,3 USD) à 1.000 livres (2 USD).

En vidéo

Syrie : un cessez-le-feu globalement respecté, malgré quelques violations

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter