Syrie : face au massacre de la Ghouta, l'ONU réclame un cessez-le-feu à l'unanimité

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TRÊVE – Après de longues négociations, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté samedi à l'unanimité une résolution réclamant un cessez-le-feu humanitaire d'un mois en Syrie. Cette dernière semaine, 500 civils ont été tués par les raids du régime de Bachar al-Assad sur la Ghouta orientale.

Mettre fin à l’infernale hécatombe : c’est le vœu (pieu ?) qui a conduit, ce samedi, le Conseil de sécurité de l’ONU à adopter à l’unanimité une résolution demandant sur-le-champ une trêve humanitaire d’un mois en Syrie. Un texte qui vise à enrayer la récente recrudescence des violences, alors qu’au moins 500 civils – dont plus d’une centaine d’enfants – ont été tués ces sept derniers jours lors des frappes aériennes des forces du régime de Bachar al-Assad sur la Ghouta orientale. 

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VIDÉO - Des centaines de morts en quelques jours : que se passe-t-il dans la Ghouta ?

"Ce n'est pas un accord de paix sur la Syrie, le texte est purement humanitaire", a souligné l'ambassadeur suédois Olof Skoog, co-signataire avec son homologue koweïtien de ce texte qui a nécessité plus de quinze jours de négociations mouvementées pour obtenir un assentiment de la Russie, alliée indéfectible de Damas. Maintes fois amendée, la résolution "réclame que toutes les parties cessent les hostilités sans délai pour au moins trente jours consécutifs en Syrie pour une pause humanitaire durable".

Un texte fragile sujet aux interprétations

Rien n’est toutefois gagné et les combats pourraient durer. De fait, le texte prévoit des exclusions au cessez-le-feu afin de pouvoir continuer à lutter contre les organisations djihadistes "et" leurs associés. Le problème ? Ces termes sont susceptibles de laisser libre cours aux interprétations sémantiques, le régime syrien considérant, par exemple, les rebelles soutenus par l'Occident comme "terroristes". Pour plusieurs observateurs, le respect de la trêve promet d’être pour le moins aléatoire. Le Conseil doit se réunir à nouveau dans quinze jours pour un point d’étape, mais le doute est permis. 

La décision ne sera respectée ni par le régime ni par la RussieAbou Mazen, un habitant de la Ghouta assiégée

"Je ne pense pas que cette décision sera appliquée, elle ne sera respectée ni par le régime ni par la Russie", réagit auprès de l’AFP un habitant dubitatif réfugié dans un sous-sol de Douma, grande ville de la Ghouta, où la population vit toujours assiégée et affamée. "Plus d'une fois on a entendu ces conditions : l'entrée des aides et l'arrêt des bombardements, car on est une zone de désescalade, mais tous les jours l'aviation frappait et tous les jours, il y avait des morts."


La Ghouta orientale, qui fait théoriquement partie des quatre zones de désescalade instaurées dans plusieurs régions de Syrie, est la cible d’une campagne aérienne dévastatrice (re)lancée le 18 février. Des bombardements en forme de prélude à une probable offensive terrestre censée permettre de reprendre l’un des derniers fiefs contrôlés par les rebelles aux portes de Damas, décrit mercredi par le patron des Nations unies, Antonio Guterres, comme l’"enfer sur Terre". Preuve de la fragilité certaine de la situation et de l’improbabilité de trouver une solution : jeudi, le représentant syrien à l'ONU continuait à marteler que "oui, la Ghouta orientale deviendra un nouvel Alep". L’infernale hécatombe semble encore loin d’être finie. 

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À noter qu'en près de sept ans de conflit, plus de 340.000 personnes ont été tuées en Syrie.

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