Ghouta orientale : sous les bombardements, le convoi d'aide humanitaire abrège sa mission

Ghouta orientale : sous les bombardements, le convoi d'aide humanitaire abrège sa mission

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SYRIE - Le convoi humanitaire entré lundi dans la partie rebelle de la Ghouta orientale, aux portes de Damas, s'est retiré en début de soirée sans avoir livré toutes les aides. Celles-ci ont été distribuées "en plein milieu des bombardements", selon l'ONU.

L'accalmie aura été de courte durée. Quelques heures après son entrée dans la partie rebelle de la Ghouta orientale, un convoi humanitaire a dû abréger ses livraisons. En cause : des bombardements du régime sur cette enclave aux portes de Damas, où plus de 760 personnes ont trouvé la mort après plus de deux semaines de pilonnage d'une rare intensité.


Le but de ces livraisons était de soulager environ 30.000 des quelque 400.000 habitants de l'enclave, qui subissent des pénuries de nourriture et de médicaments et vivent terrés dans les sous-sols. Mais le représentant en Syrie du Haut-commissariat pour les réfugiés de l'ONU a affirmé lundi soir que le convoi avait dû se retirer après neuf heures de livraisons effectuées "en plein milieu des bombardements". Il était composé d'une quarantaine de camions chargés d'aide médicale et de nourriture, d'après le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). Au total, l'ONU a reçu les autorisations nécessaires pour distribuer des aides pour "70.000 personnes" et un deuxième convoi est prévu jeudi.

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"Ce convoi est un premier pas positif"

Pour la seule journée de lundi, au moins 73 civils y ont été tués par des bombardements visant plusieurs secteurs rebelles, dont Douma, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). C'est dans cette grande ville de la Ghouta orientale qu'un convoi humanitaire a pu entrer lundi, le premier à atteindre le secteur rebelle depuis le début, le 18 février, de l'offensive meurtrière des forces du régime, secondées par leur allié russe.


"Ce convoi est un premier pas positif", a néanmoins jugé le directeur du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Moyen-Orient, Robert Mardini, mais, "aussi grand soit-il, il ne sera jamais suffisant au vu des conditions désastreuses" dans l'enclave. Dans le cadre de leur offensive au sol, les forces prorégime ont continué "d'avancer dans l'est de l'enclave", menant des combats contre Faylaq al-Rahmane et Jaich al-Islam, les deux principaux groupes rebelles, a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. 


Le président syrien Bachar al-Assad, sourd aux appels des puissances occidentales à respecter une trêve quotidienne de cinq heures mise en place par la Russie depuis une semaine, avait assuré dimanche que l'opération militaire dans la Ghouta "devait se poursuivre". Le président français Emmanuel Macron a appelé lundi son homologue russe Vladimir Poutine à "prendre des mesures réelles et concrètes" pour que le régime syrien "accepte sans ambiguïté" une trêve dans l'enclave rebelle.

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