"Il n’y aura pas de trêve" : Assad promet désormais de "nettoyer" les environs d’Alep

SYRIE – Dans un entretien accordé à la télévision russe, Bachar Al-Assad a fait savoir mercredi soir que les combats ne cesseraient pas définitivement tant que ceux qu’il qualifie de "terroristes" ne déposeront pas les armes.

"Il n’y aura pas de trêve." Alors qu’un nouveau cessez-le-feu a été annoncé mercredi soir à Alep quelques heures à peine après l’échec d’une première tentative d’arrêt des combats, les déclarations de Bachar Al-Assad à la télévision russe n’incitent guerre à l’optimisme quant à au succès de ce énième accord. Dans une interview diffusée quasiment au même moment, le président syrien a en effet indiqué que "les opérations militaires se poursuivront pendant les négociations", faute d’avoir confiance en ceux qu’il qualifie de "terroristes". 


"Une trêve ne peut avoir lieu que dans une zone où les terroristes disent qu'ils sont prêts à remettre les armes ou à partir. C’est seulement alors que les opérations militaires s'arrêteront", a-t-il prévenu. "Les terroristes font souvent le contraire de ce qu’ils disent. Ils ont l’habitude de réclamer des cessez-le-feu uniquement pour se renforcer et obtenir des armements, des munitions… Nous ne parlons donc pas de cessez-le-feu."

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Avertissant que ce qu'il qualifie de "libération d’Alep" était encore loin d’être achevée, Bachar Al-Assad a fait savoir que les opérations de l’armée syrienne, appuyée par ses alliés russes et iraniens, allaient maintenant concerner les environs de la deuxième ville du pays. "Nous devons fortifier la ville de l’extérieur, c’est-à-dire nettoyer les zones environnantes des terroristes qui continuent leurs bombardements quotidiens. (…) Libérer Alep ne se résume donc pas simplement à libérer la ville elle-même." 


Le président syrien a ensuite esquissé ce que pourrait être "l’après Alep", tout en accusant les Etats-Unis et la coalition internationale d’être les premiers soutiens des djihadistes. "La ville suivante sera celle qui contient le plus grand nombre de terroristes qui obtiennent le support logistique d’autres pays", explique-t-il, laissant entendre qu'Idleb, située à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest d’Alep, pourrait être la prochaine cible. "Actuellement, il existe des liens directs entre Alep et Idleb en raison de la présence de Jabhat al-Nosra (groupe rebelle djihadiste affilié à Al-Qaïda, ndlr)."


C’est d’ailleurs vers cette cité, qui comptait quelque 150.000 habitants avant le début du conflit, que l’armée russe a annoncé ce jeudi matin – "sur ordre de Vladimir Poutine", dit le communiqué de Moscou – l’évacuation des derniers rebelles d’Alep. Selon Moscou, ce transfert "se fera à bord de 20 bus et de 10 ambulances qui emprunteront un corridor spécial." Une opération qui n’a toujours pas été confirmée par Damas. Faut-il y voir un piège pour les opposants de Bachar Al-Assad ? Seuls les prochaines heures et les prochains jours permettront de le dire. 

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