Inquiétude pour la petite Bana al-Abed, qui twittait son quotidien à Alep en guerre

International
SYRIE - Bana al-Abed, 7 ans, twittait la guerre à Alep depuis quelques mois. La semaine dernière, son compte s'est tu après l'annonce d'une attaque. Les internautes se sont inquiétés de son sort, mais sa mère a de nouveau tweeté ce lundi et la BBC assure qu'elle et sa fille sont en vie.

Elle était devenue le témoin de ce qu'était le quotidien à Alep, ville syrienne assiégée et bombardée depuis des années par l'armée de Bachar al-Assad et les forces russes. Sur Twitter, la petite Bana al-Abed, 7 ans, twittait son quotidien, entre la privation, la peur, les bombardements et la faim, aidée de sa mère, Fatemah. Dans des interviews à NBC et à la BBC, Fatemah expliquait que ce compte avait été ouvert à la demande de la petite fille "pour que le monde entende notre voix", disait-elle. 


Mais dimanche 4 décembre, sa mère Fatemah tweeté un message alarmiste : "Nous sommes sûres que l'armée est sur le point de nous capturer. Nous nous reverrons un autre jour, cher monde. Au revoir."

Le silence qui a suivi a provoqué une forte inquiétude chez les internautes, beaucoup craignant le pire. Son compte est, de plus, devenu inaccessible, ont rapporté de nombreux twittos. Le mot-clé #whereisBana a même été mis en place pour tenter de mobiliser les internautes sur le sort de cette petite fille.

Un nouveau tweet signé de Fatemah a cependant été posté sur le compte de nouveau accessible, ce lundi 5 décembre. Un message pas réellement rassurant, mais qui semble attester qu'elle et sa fille sont encore en vie, ce que confirme une source de la BBC.  "Nous sommes attaqués. Nous n'avons nulle part où aller, chaque minute ressemble à la mort. Priez pour nous. Au revoir." 

Le compte pourrait avoir été momentanément désactivé pour leur propre sécurité, comme le laisse penser un tweet. D'autant que la semaine dernière, la mère de la petite fille postait sur Twitter qu'elle était inquiète pour leur sécurité, et pensait être devenue une cible de l'armée à cause de ses posts. 

Appels à l'aide désespérés

Les tweets de Bana, racontant son quotidien d'enfant durant la guerre, avaient ému les internautes. Plus de 100.000 d'entre eux s'étaient abonnés à son compte Twitter où la fillette racontait, en anglais son quotidien dans l'est de la ville, côté rebelle. Elle expliquait qu'elle avait faim, peur et lançait parfois des appels à l'aide désespérés. Son sort avait touché JK Rowling, l'auteure de la saga Harry Potter, qui lui avait même fait parvenir les livres des aventures du magicien. 

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Toutefois, l'authenticité du compte a pu être mise en doute. Certains médias (pro-russes) et utilisateurs de Twitter, évoquent une manoeuvre pour manipuler l'opinion internationale. Les noms de la CIA, le Mossad, ou encore des associations humanitaires sont parfois pointées du doigt, sans preuve. 

Pendant ce temps, à Alep, les bombardements continuent...

Pour les habitants d'Alep-Est, la vie est de plus en plus difficile et beaucoup d'entre eux ont passé une nuit sans sommeil, terrifiés par des bombardements incessants des forces gouvernementales, a témoigné un correspondant de l'AFP. Ils ont évité d'allumer toute lumière dans leur maison afin de ne pas être pris pour cibles. Au moins 324 civils ont été tués, dont 44 enfants, tandis que plus de 50.000 des 250.000 habitants d'Alep-Est ont fui depuis le lancement de l'offensive du régime, selon l'OSDH. 73 personnes, dont 29 enfants, ont en outre péri du côté gouvernemental d'Alep après de tirs rebelles. D'après le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, les pourparlers sur Alep devraient débuter ce mardi 6 ou mercredi 7 décembre, à Genève. Ils n'ont pas été confirmés dans l'immédiat par Washington. 

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