Syrie : l'attentat près d'Alep a fait au moins 126 morts, dont 68 enfants

CONFLIT - Dimanche, le bilan de l'attaque d'un kamikaze qui a fait exploser un véhicule piégé près de la ville syrienne d'Alep a été revu en très forte hausse. Cet attentat, qui visait des bus transportant des civils et des combattants évacués la veille de localités pro-régime, a fait au moins 126 morts (dont 68 enfants), contre 43 annoncés la veille.

Au total, plus de 30.000 personnes sont censées être évacuées de quatre localités assiégées en Syrie, en vertu d’un accord conclu en mars entre le Qatar (soutien des rebelles) et l’Iran (allié du régime). Problème : des milliers d’entre elles sont bloquées depuis vendredi près d'Alep (nord), en raison de désaccords les empêchant de poursuivre leur chemin. Et au moins 126 civils ont été tués samedi, dans un bilan revu à la hausse dimanche, lorsqu'un kamikaze a fait exploser un véhicule près d'Alep contre des bus les transportant. Le drame ayant par ailleurs fait 68 petites victimes, comme l'affirme l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).


"Le kamikaze conduisait une camionnette transportant de l'aide alimentaire et l'a fait exploser près des 75 bus" stationnés à Rachidine, secteur rebelle à l'ouest de la métropole, selon l'OSDH, précisant qu'il y avait aussi "plusieurs dizaines de blessés". C'est à bord de ces bus que 7.000 personnes avaient été évacuées vendredi de Foua et Kafraya, deux localités loyalistes assiégées par les rebelles, en vertu d'un accord qui a permis l'évacuation simultanée de deux localités rebelles assiégées par le régime. La télévision syrienne d'Etat a imputé aux "groupes terroristes" - terme utilisé par le régime pour désigner rebelles et djihadistes - la responsabilité de cet attentat. Il n'était pas clair dans l'immédiat si parmi les morts figuraient des rebelles qui gardaient la zone des bus.

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Des évacuations sans aucune organisation humanitaire internationale

Ces évacuations sont les dernières d'une longue série depuis le début il y a six ans de la guerre en Syrie. Elles se sont déroulées sans aucune organisation humanitaire internationale mais sous le contrôle des forces belligérantes, et en présence du Croissant-Rouge arabe syrien qui a évacué des blessés.


Plusieurs fiefs rebelles ont été repris depuis un an par le régime, fort de l'appui de son allié russe intervenu militairement en Syrie en septembre 2015. Après des mois de siège, le régime a ainsi proposé des accords d'évacuation que l'opposition syrienne dénonce comme des "transferts forcés de crimes contre l'Humanité". L'avenir de l'accord d'évacuation des quatre villes n'était pas clair samedi après-midi après l'attentat meurtrier contre le convoi de bus en provenance de Foua et Kafraya.


Des millions de Syriens ont été déplacés par la guerre qui ravage leur pays depuis 2011 et qui a fait plus de 320.000 morts. Déclenché par la répression dans le sang de manifestations pro-démocratie, le conflit s'est complexifié au fil des ans avec l'entrée en jeu d'acteurs internationaux et de groupes djihadistes comme l'organisation Etat islamique (EI).

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