Syrie : la coalition abat trois dirigeants de Daech, dont un Français

TERRORISME – Trois dirigeants de l’Etat islamique, dont un Français, ont été tué lors d’une frappe aérienne de la coalition internationale le 4 décembre à Raqqa. Selon les Etats-Unis, deux d’entre eux étaient impliqués dans les attentats du 13 novembre. Une affirmation non confirmée par la justice française.

Trois dirigeants de Daech, un Franco-algérien et deux Belges, ont été éliminés par une frappe de la coalition internationale en Syrie, le 4 décembre. Selon le Pentagone, deux d’entre eux, le Franco-algérien Salah-Eddine Gourmat et le Belge Sammy Djedou, auraient "aidé à la préparation des attentats du 13 novembre à Paris". Une information qui n’est pas confirmée par la justice française, le parquet nous précisant qu’ils ne sont ni l’un ni l’autre "visés judiciairement" dans le dossier des attentats de novembre.


Les deux hommes ainsi que le troisième djihadiste tué, le Belge Walid Hamman, faisaient partie du réseau du Tunisien Boubaker El Hakim (tué lui aussi dans une frappe de la coalition le 26 novembre) et travaillaient "pour mettre au point des attentats en Occident".

Condamné en 2014, introuvable depuis

Selon nos informations, Salah-Eddine Gourmat, qui aurait eu 27 ans le 16 décembre, avait déjà été condamné à quatre ans de prison dont un avec sursis en 2014, pour avoir tenté de rallier la Syrie en 2012. Détenteur de la double nationalité française et algérienne, il souhaitait rejoindre les rangs de Daech pour combattre. A l'époque, face aux enquêteurs, l’homme originaire de Malakoff (Hauts-de-Seine) avait évoqué un projet de "reportage en Turquie", dans des camps de réfugiés syriens, expliquant vouloir faire de "l’humanitaire". 


Ancien étudiant en mécanisme industriel et livreur de pizza, il avait croisé la route d'Omar Diaby, alias Omar Omsen, l’un des plus importants recruteurs français, à Nice en décembre 2011. C’est là que le trio se serait formé. L’enquête avait également établi qu’il entretenait des contacts réguliers avec Mohamed Achamlane, émir du groupuscule islamiste français Forsane Alizza (dissout en 2012). 


Selon nos informations, le père de Salah-Eddine Gourmat avait confisqué le passeport de son fils pour le remettre aux services de renseignement, afin d’éviter qu’il ne rejoigne, à l’époque, la Lybie. Lors de son procès, lui et sa cellule avait été qualifié de "pieds nickelés du djihad". C’était l’une des premières filières post-Mohammed Merah à être démantelée.


Au moment de son jugement, en 2014, Salah-Eddine Gourmat ne s’était pas présenté à l’audience. Un mandat d’arrêt avait été délivré par le tribunal de Paris.

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