Frappe accidentelle de la coalition en Syrie : les États-Unis et la Russie s'opposent

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BAVURE - La coalition internationale contre le groupe État islamique a indiqué, samedi 17 septembre, avoir bombardé ce qu'elle pensait être une position de combat djihadiste en Syrie alors qu'il s'agirait peut-être de militaires syriens. Après avoir regretté cette frappe, les États-Unis s'en sont pris à la Russie face aux critiques formulées à l'ONU.

La coalition internationale contre le groupe État islamique a bombardé par erreur des positions de l'armée syrienne, alors qu'elle visait des combattants djihadistes en Syrie, a-t-elle annoncé samedi 17 septembre. Elle a finalement mis fin à cette opération dès que Moscou l'a prévenue qu'il s'agissait peut-être de militaires syriens. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), cette frappe aurait tué au moins 80 soldats syriens.


La frappe aérienne s'est produite dans une zone où la coalition avait déjà bombardé par le passé. Les Russes avaient été informés au préalable de cette frappe, une démarche "de courtoisie professionnelle" pour ne pas risquer d'incident entre appareils de la coalition et avions russes au-dessus de la Syrie, mais qui n'est pas obligatoire.

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"La Syrie est un théâtre d'opérations complexes avec différentes forces militaires et milices agissant dans un périmètre proche, mais la coalition ne ciblerait jamais intentionnellement une unité militaire syrienne", affirme un communiqué du commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom), avant d'ajouter que la coalition allait "se pencher sur les circonstances de cette frappe et voir si des leçons peuvent en être tirées".  

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Une réunion d'urgence demandée par la Russie s'est tenue tard samedi soir et a été le théâtre d'une passe d'armes entre représentant de Moscou et de Washington. "J’espère que les États-Unis vont trouver un moyen de nous convaincre et de convaincre tout le monde qu’il sont sérieux à propos d’un réglement politique en Syrie et à propos de la lutte contre les terroristes", a déclaré Vitaly Churkin, ambassadeur russe aux États-Unis. Pour lui, cet incident est "un mauvais présage" pour le maintien de la trêve en Syrie, ajoutant que Washington "protégeait" l'organisation Islamique.


Des propos qui ont fait vivement réagir la diplomatie américaine. L'ambassadrice Samantha Power a ainsi décrit la réunion voulue par la Russie de "mise en scène", l'accusant de "moralisme" et de "cynisme". Selon elle, le régime syrien, soutenu par la Russie, "frappait volontairement des cibles civiles avec une régulartié effrayante", sans que le Kremlin ne s'en offusque. Il "utilise souvent des armes chimiques [...] et a torturé des milliers de prisonniers [...]. Pourtant, face à tant d'atrocités jamais la Russie n'a exprimé sa consternation ni demandé une réunion d'urgence du Conseil".


Les relations se sont crispées un peu plus entre Moscou et Washington, alors que les ministres des Affaires étrangères russe et américain Sergeui Lavrov et John Kerry doivent se rencontrer mercredi lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie.

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